Les parents d’élèves vivant dans les zones contrôlées par l’AFC/M23 au Nord-Kivu devront désormais payer de nouveau les frais scolaires. Dans un arrêté, la rébellion a fixé des montants trimestriels à verser par les élèves des établissements scolaires publics et privés agréés.
Par Charles Muhindo
Au niveau primaire, les frais varient entre 5 000 et 45 000 francs congolais par élève et par trimestre, selon les catégories concernées. Au secondaire, les montants sont plus élevés et vont jusqu’à atteindre 240 000 francs congolais par trimestre dans certaines filières techniques et professionnelles.
Cette décision est un coup à la gratuité de l’enseignement primaire instaurée par le gouvernement congolais depuis 2019. Dans les zones contrôlées par la rébellion, les parents qui ne payaient plus les frais de scolarité devront ainsi de nouveau prendre en charge les dépenses liées à l’éducation de leurs enfants.
L’arrêté de la rébellion prévoit que les versements soient effectués sur un compte de la CADECO ouvert au nom de la coordination provinciale de l’éducation des responsables de l’AFC/M23. Des sanctions sont même prévues contre les responsables d’établissements qui ne respecteront pas les dispositions fixées par le groupe armé et les élèves dont les frais ne seront pas payés pourraient être privés de certains services scolaires.
Pourtant, le contexte économique est déjà très difficile pour de nombreuses familles du Nord-Kivu. Plusieurs ménages sont affectés par la guerre, les déplacements, etc Pour certains parents, la prise en charge de l’alimentation et des autres besoins des enfants constitue déjà une difficulté.
L’ajout des frais scolaires risque ainsi d’alourdir davantage les charges de ces familles, particulièrement celles ayant plusieurs enfants à l’école. La situation pourrait également rendre difficile la poursuite des études pour certains élèves dont les parents ne disposeront pas des moyens nécessaires.
Depuis l’instauration de la gratuité de l’enseignement primaire, le gouvernement congolais prend notamment en charge la rémunération des enseignants des écoles publiques. Malgré l’occupation de plusieurs territoires par l’AFC/M23, les enseignants concernés continuent à recevoir leurs salaires venant de Kinshasa.













