Par Siméon Isako et Emmanuel Medina
Une page historique se tourne pour les finances publiques de la capitale de la République démocratique du Congo. La Direction générale des recettes de Kinshasa (DGRK) cesse définitivement d’exister sous sa forme historique. Pour la remplacer et insuffler une nouvelle dynamique financière, l’exécutif provincial vient de donner naissance à deux régies financières distinctes, avec une mission claire : maximiser les recettes publiques pour financer les grands chantiers du programme « Kinshasa Ezo Bonga ».
L’annonce officielle est faite dans la soirée du lundi 31 août 2026, à l’issue d’une audience cruciale accordée par le gouverneur de la ville, Daniel Bumba Lubaki, à Gérard Kaja Kambowa. Ce dernier, qui pilotait la DGRK depuis un an en qualité de chargé de mission, est venu remettre son rapport final à l’autorité urbaine et acter l’aboutissement de cette profonde restructuration.
La dissolution de la DGRK laisse place à une architecture fiscale bicéphale, conçue pour spécialiser les compétences et éliminer les lourdeurs administratives
La Direction générale des impôts provinciaux de Kinshasa : elle aura la charge exclusive de la collecte, du contrôle et du suivi des impôts dus à la ville.
La Direction générale des droits, taxes et redevances de Kinshasa : elle se consacrera uniquement à la maximisation des recettes non fiscales, englobant les diverses taxes et redevances provinciales.
Pour Gérard Kaja Kambowa, cette réforme est l’aboutissement d’une année de diagnostics et de restructurations
« Nous sommes arrivés à l’aboutissement de deux régies. (…) Bonne chance à ceux qui vont maintenant pérenniser les efforts que nous avons fournis avec la création de ces deux nouvelles structures. »
Au-delà du simple changement de dénomination, c’est une mutation technologique profonde qui s’opère au cœur de l’appareil fiscal kinois. La DGIPK et la DGTK reposent intégralement sur une réforme digitale globale.
L’objectif fixé par le gouverneur Daniel Bumba Lubaki est d’instaurer une dématérialisation totale des procédures. Désormais à Kinshasa, la gestion fiscale de la déclaration au paiement, en passant par le contrôle pourra être effectuée en ligne, de bout en bout. Cette numérisation vise à sécuriser les flux financiers, à éradiquer la fraude et à offrir aux contribuables un service plus rapide, transparent et moderne.
Cette réorganisation s’inscrit en ligne droite dans la vision politique du chef de l’exécutif provincial. Face à l’immensité des défis de la mégapole africaine salubrité, infrastructures, sécurité, le programme « Kinshasa Ezo Bonga » exige des ressources financières sans précédent.
En modernisant son dispositif fiscal, l’hôtel de ville de Kinshasa se dote des leviers nécessaires pour capter le potentiel économique réel de la capitale. Par ailleurs, le déploiement opérationnel de ces deux nouvelles structures s’accompagnera de la création de nouvelles opportunités d’emploi au sein de l’administration provinciale, insufflant un élan de fraîcheur et de performance attendu par les Kinoises et les Kinois.













