Est de la RDC : une radio transformée en bureau des renseignements de l’AFC-M23 et geôles à Goma (RSF)

Est de la RDC : une radio transformée en bureau des renseignements de l’AFC-M23 et geôles à Goma (RSF)

Un rapport de Reporters sans Frontières publié ce jeudi 03 septembre 2026 accuse la rébellion de l’AFC-M23 d’avoir transformé les locaux de la Radio Télévision Nyiragongo Musisimuke (RTNM), située à Munigi, dans la ville de Goma, en bureaux de la Direction des services de renseignement du groupe armé et en geôles d’incarcération des civils.

Par Patient MBY

La RTNM avait fermé en janvier 2025, quelques jours après la chute de la ville de Goma, dans la province du Nord-Kivu. Depuis l’été de la même année, les rebelles de l’AFC-M23 ont installé leurs quartiers pour collecter les informations liées à la sécurité. Le logo du média demeure visible. La rébellion a ajouté des insignes et les drapeaux de la RDC. Les studios sont transformés en cachots où sont détenus temporairement des civils, selon les témoignages de deux anciens prisonniers.

RSF dénonce l’atteinte à la liberté de la presse et les violences commises par l’AFC-M23 contre les journalistes dans les zones sous son contrôle. Pour l’organisation, muer les bureaux d’un média en quartiers généraux est une « ligne rouge » franchie par la rébellion. Ce, après les agressions, soupçons et détentions de journalistes dans « des conteneurs ».

Selon un témoignage relayé par Reporters sans Frontières auprès de la population, un habitant présenté comme un délinquant avait été arrêté et incarcéré au sein de cette radio pendant deux jours. La même source indique qu’il aurait été tabassé à plusieurs reprises avant d’être transféré à un bureau provincial de l’ANR appelé « chien méchant ». Les personnes accusées de collusion avec les Wazalendo ou les FARDC, détenues à la RTNM, font face à la violence, à l’insuffisance de nourriture et à un interrogatoire avant le transfert vers « chien méchant ». Dans ces geôles, les prisonniers mangent une seule fois « un mélange de riz et de haricots ».

Face à ces allégations, le porte-parole de l’AFC-M23, Lawrence Kayuka, n’a pas répondu aux sollicitations de RSF. Si le responsable de ce bureau du service de renseignement n’a pas réagi, son adjoint présumé a nié les pratiques « violentes » attribuées à ce service, trois mois depuis son arrivée. Il a indiqué que la RTNM appartenait à un « politicien » qui, selon lui, « fomenterait et manigancerait des informations à leur égard ».

La radio avait cessé ses activités et vidé ses équipes quelques jours après l’arrivée de l’AFC-M23. Les journalistes étaient intimidés par les membres de la coalition armée voulant que la radio continue de fonctionner. D’après ce rapport, la direction générale de ce média avait été interpellée puis frappée par les combattants qui réclamaient les clés des locaux. Cette responsable avait fini par les livrer à la rébellion.

Une organisation de la société civile de Goma dénonce la stratégie de l’AFC-M23 d’occuper les bâtiments appartenant aux dignitaires proches de Kinshasa.

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