Par Emmanuel Medina
À l’issue d’une visite de travail de trois jours en Israël, le président de la République démocratique du Congo Félix Tshisekedi et le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ont officialisé, le 1er septembre, leur volonté commune de matérialiser le transfert de l’ambassade de la République démocratique du Congo de Tel-Aviv vers Jérusalem, parallèlement à l’ouverture d’une représentation diplomatique israélienne à Kinshasa.
Cette décision stratégique marque un tournant historique dans les relations bilatérales entre les deux nations, concrétisant une promesse politique forte formulée il y a trois ans. Cette annonce conjointe ne relève pas d’un rapprochement impromptu. Elle vient sceller un engagement solennel pris par les deux dirigeants en septembre 2023, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. À l’époque, Félix Tshisekedi avait exprimé sa volonté de s’aligner sur la position de quelques rares États à l’instar des États-Unis ayant choisi de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël en y déplaçant leur chancellerie.
Malgré les reports logistiques et un contexte international mouvant, la déclaration conjointe signée à Jérusalem prouve la détermination des deux Chefs d’État à donner une suite concrète à leurs accords initiaux. Selon le communiqué officiel, les modalités pratiques et juridiques de cette transition seront désormais traitées à court terme par les voies diplomatiques appropriées .
Au-delà de la forte symbolique géopolitique, le séjour de trois jours de la délégation congolaise en Israël a jeté les bases d’une coopération économique et stratégiques multisectorielle. Plusieurs axes prioritaires ont été définis pour accompagner ce réalignement diplomatique:
Sur le plan de sécurité et la défense : Dans un contexte où la RDC fait face à des défis sécuritaires majeurs dans sa partie orientale, l’expertise israélienne en matière de renseignement et de technologie militaire reste un point d’intérêt crucial pour Kinshasa
Sur le plan d’agriculture et la gestion de l’eau : la RDC cherche à moderniser son secteur agricole pour assurer sa souveraineté alimentaire, en s’inspirant des techniques d’irrigation et d’agritech de pointe développées par Israël.
Sur le plan d’infrastructures et les hautes technologies : les discussions ont également porté sur l’intégration de solutions technologiques israéliennes pour accélérer la numérisation de l’administration congolaise et le développement d’infrastructures durables.
En choisissant de transférer son Ambassade à Jérusalem, la République démocratique du Congo rejoint un cercle très restreint de pays africains engagés dans cette voie. Pour la RDC, ce « nouveau cap » s’inscrit dans une diplomatie pragmatique, axée sur la recherche de partenariats bilatéraux forts capables de répondre de manière immédiate aux urgences de développement et de sécurité de la RDC.













