Par Emmanuel Medina
Les tensions politiques restent vives dans la capitale de la République démocratique du Congo au lendemain des manifestations publiques de l’opposition. Dans un communiqué officiel publié ce jeudi 17 septembre, la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a formellement dénoncé de graves atteintes aux droits humains survenues lors de la marche de la Coalition article 64 (C64), organisée le mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa.
Ayant déployé une mission d’observation et de monitoring sur le terrain, l’institution d’appui à la démocratie a relevé la présence de groupes d’individus hostiles armés au cœur de la commune de Limete. Selon les constatations de la CNDH, ces fauteurs de troubles étaient munis de machettes, de bâtons et d’autres objets contondants.
Ces groupes violents se sont positionnés précisément au niveau des 10e, 11e et 12e rues de Limete, perturbant l’ambiance pacifique du rassemblement. Leur intervention a brutalement stoppé la progression de la grande masse des manifestants. Ces derniers, partis de l’Échangeur de Limete, n’ont jamais pu atteindre le point de chute initialement prévu : le siège du parti d’opposition ECiDé, situé sur le boulevard Triomphal.
En parallèle, la Coalition C64 a pris la parole ce jeudi pour dresser un premier bilan de cette journée de répression et annoncer des mesures de « légitime défense » face aux futures entraves.
Le bilan fourni par l’opposition fait état d’ un décès : la coalition déplore la mort de Manassé Lomboto Bomengola, un cadre du parti ADD Congo, qui a succombé à ses blessures après les violences du 15 septembre. La C64 attribue directement cette agression mortelle à des membres de la « Force du progrès ». Plusieurs blessés graves ainsi que d’importants dégâts matériels à Kinshasa et dans d’autres provinces, dont le décompte final est en cours de consolidation.
Malgré ces incidents localisés à Limete, la CNDH a tenu à saluer les efforts de concertation préalables fournis par l’Hôtel de ville de Kinshasa, la Police nationale congolaise (PNC) et les leaders politiques pour s’accorder sur les itinéraires. L’institution a également encouragé l’attitude pacifique partagée par la majorité des manifestants et des forces de l’ordre tout au long du parcours validé.
Toutefois, face à la résurgence des violences de rue, la CNDH condamne fermement le recours aux armes blanches. Elle rappelle l’obligation constitutionnelle de garantir l’intégrité physique des citoyens et invite les acteurs de la vie publique à privilégier la tolérance, la retenue et le dialogue pour préserver la paix sociale.
Les équipes techniques de la CNDH poursuivent actuellement la consolidation des données récoltées à Kinshasa en vue de la publication prochaine d’un rapport complet sur les incidents. En attendant, l’organisation recommande formellement l’ouverture d’une enquête indépendante afin d’identifier, de poursuivre et de sanctionner les auteurs matériels et intellectuels de ces agressions à Limete.













