Ituri : l’insécurité au site Kigonze menace la protection de près de 19 000 déplacés à Bunia, alerte OCHA

Ituri : l’insécurité au site Kigonze menace la protection de près de 19 000 déplacés à Bunia, alerte OCHA

La situation humanitaire et sécuritaire se détériore sur le site de Kigonze, à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri, où vivent près de 19 000 personnes déplacées.

Dans un communiqué publié samedi 27 septembre 2026, le Coordonnateur humanitaire en République démocratique du Congo, Damien Mama, s’est dit vivement préoccupé par les incidents de sécurité et de protection signalés depuis le 20 septembre.

Ces incidents ont poussé plusieurs familles à quitter le site, alors que celui-ci constitue un lieu de refuge pour des personnes ayant déjà fui les violences et les conflits dans différentes zones de l’Ituri. Pour le Coordonnateur humanitaire, la priorité reste la protection des civils et le maintien du caractère civil et humanitaire des sites accueillant les personnes déplacées.

« Des familles qui ont déjà tout perdu doivent pouvoir trouver sécurité et dignité là où elles sont venues chercher refuge », a déclaré Damien Mama, appelant à ce que toute décision concernant l’avenir de ces familles soit volontaire, sûre et digne.

La dégradation du contexte sécuritaire complique également l’intervention des acteurs humanitaires. L’accès au site de Kigonze est devenu difficile, limitant la capacité des organisations à évaluer rapidement les besoins des déplacés, à acheminer une assistance vitale et à assurer les services essentiels de protection.

Cette situation intervient alors que les besoins humanitaires restent considérables en Ituri. Plus de 1,1 million de personnes y sont déplacées en raison des conflits et des violences, dont plus de 373 000 vivent actuellement sur des sites de déplacés.

Un risque pour la riposte contre Ebola

Au-delà des conséquences humanitaires et sécuritaires, la situation à Kigonze fait également peser des risques sur la riposte contre l’épidémie d’Ebola en cours. Le site figure parmi les zones couvertes par les activités de surveillance et de réponse à l’épidémie.

La dispersion des familles déplacées, combinée aux restrictions d’accès, pourrait compliquer le suivi des personnes, la surveillance épidémiologique ainsi que les opérations de prévention et de contrôle de la maladie.

Face à cette situation, le Coordonnateur humanitaire indique maintenir un dialogue avec les autorités nationales et provinciales, dont il salue la disponibilité. L’objectif est de renforcer la protection des personnes déplacées et de permettre aux organisations humanitaires de poursuivre leurs interventions dans des conditions sûres.

Damien Mama réitère ainsi son appel à la protection des civils et à la garantie d’un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave. La communauté humanitaire affirme, pour sa part, rester engagée aux côtés des autorités afin de répondre aux besoins des milliers de personnes contraintes de chercher refuge sur les sites de déplacement en Ituri.

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