Plus de 4 millions de femmes et d’enfants ont déjà été pris en charge dans le cadre de la gratuité de la maternité en République démocratique du Congo. Dans ce bilan, plus de 50 000 nouveau-nés ont nécessité des soins pour des complications graves. Ces chiffres, révélés par le ministre de la Santé ce jeudi, montrent l’ampleur de la prise en charge assurée par le programme depuis son lancement et donnent une idée du nombre de familles qui ont pu accéder aux soins sans payer directement les frais liés à l’accouchement et à la prise en charge du nouveau-né.
Par Charles Muhindo
Au-delà de l’accouchement proprement dit, la prise en charge concerne notamment les consultations prénatales, les examens et les échographies, mais aussi les accouchements simples et les cas nécessitant une césarienne ou d’autres soins médicaux.
Après la naissance, les nouveau-nés bénéficient également d’une prise en charge lorsqu’ils présentent des complications. C’est notamment dans cette catégorie que figurent les plus de 50 000 bébés signalés dans le bilan communiqué par les autorités.
Le ministre de la Santé publique, Samuel Roger Kamba, avait déjà donné les premiers indicateurs du programme le 21 mai 2025, à Genève. Il avait alors déclaré que plus de 2 millions de mamans avaient bénéficié de la gratuité au cours de la première année, avec plus de 50 000 nouveau-nés ayant reçu des soins néonatals.
Le ministre avait également évoqué les difficultés rencontrées dans plusieurs régions, notamment la distance que certaines femmes doivent parcourir pour atteindre une structure de santé capable de les prendre en charge.
Depuis, le programme a continué à s’étendre. Lors de la revue annuelle présentée le 15 décembre 2025, le ministère de la Santé avait indiqué que 2 649 270 accouchements avaient été pris en charge gratuitement en 2024 dans 14 provinces. Le même bilan faisait état d’un taux de 92 % d’accouchements assistés par un personnel qualifié. Les autorités avaient alors annoncé la poursuite du programme afin de couvrir l’ensemble des 26 provinces.
Pour les familles congolaises, la gratuité permet d’abord d’éviter une dépense qui pouvait constituer un obstacle à l’accès aux soins. Toutefois, une prise en charge sans paiement ne suffit pas si les maternités manquent d’agents, de médicaments ou d’équipements, ou lorsqu’une femme habite à plusieurs dizaines de kilomètres du centre de santé le plus proche.
Le renforcement de ces capacités apparaît donc comme un enjeu pour permettre à la gratuité de la maternité, l’un des premiers volets de la Couverture santé universelle (CSU) lancée sous Félix Tshisekedi, de produire pleinement ses effets sur l’ensemble du territoire.
Pour rappel, le programme avait officiellement démarré le 5 septembre 2023 à Kinshasa, avant de s’étendre progressivement dans le pays. Trois ans plus tard, le nombre de bénéficiaires continue d’augmenter.













