Ituri : plus de 5 000 personnes déplacées par les violences dans le territoire de Djugu

Ituri : plus de 5 000 personnes déplacées par les violences dans le territoire de Djugu

Par Reagan Lebisabo

La situation sécuritaire continue de se dégrader dans le territoire de Djugu, en province de l’Ituri. Depuis le 27 septembre 2026, plusieurs affrontements armés sont signalés dans la zone de santé de Drodro, notamment dans les villages de Rhoo et Nyampala ainsi qu’à Blukwa.

Selon une mise à jour du Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA), ces violences ont provoqué le déplacement de plus de 5 000 personnes, dont plus de 3 000 ont quitté le site de déplacés de Rhoo.

Au cours des affrontements enregistrés entre le 27 et le 28 septembre, quatre personnes déplacées auraient été tuées et sept autres blessées, selon des sources locales citées par OCHA. Plusieurs habitations ont également été incendiées. Ces incidents marquent une nouvelle dégradation de la situation sécuritaire dans cette partie du territoire de Djugu, après une période d’accalmie observée depuis juillet dernier.

Face à cette situation, les acteurs de protection ont renforcé le suivi de la situation dans les zones touchées, notamment à Panga, Rissa, Gina et Nyampala, ainsi que dans les localités situées le long de la Route nationale numéro 27 (RN27).

Malgré un mouvement timide de retour observé dans certaines localités le 29 septembre, l’insécurité continue de freiner les déplacements des populations. La présence d’éléments armés autour du site de Rhoo suscite notamment des inquiétudes quant à de nouvelles violences et à d’éventuels déplacements supplémentaires.

Des activités humanitaires suspendues

La dégradation de la situation sécuritaire affecte également l’accès humanitaire. Depuis le 27 septembre, au moins cinq organisations humanitaires ont relocalisé une partie de leur personnel et suspendu temporairement leurs activités dans certaines localités des zones de santé de Drodro, Fataki et Lita.

Ces restrictions touchent notamment les interventions dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la santé, de la nutrition, de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement.

OCHA indique notamment qu’une distribution d’assistance en espèces destinée à plus de 2 000 ménages, soit environ 10 000 personnes, prévue initialement le 30 septembre, a été affectée par cette situation.

La restriction de l’accès à la RN27, un axe important pour les échanges économiques et les opérations humanitaires en Ituri, pourrait également compliquer l’acheminement de l’aide vers les zones affectées.

La riposte contre Ebola perturbée

Les violences ont aussi des conséquences sur la riposte contre la maladie à virus Ebola (MVE) dans les zones de santé de Drodro, Fataki et Lita.

Selon OCHA, une organisation a suspendu ses déplacements dans l’aire de santé de Gina, où elle appuie un centre de traitement Ebola. Une autre organisation chargée notamment des activités de communication sur les risques et d’engagement communautaire a également suspendu ses interventions dans plusieurs aires de santé de Drodro.

Les autorités sanitaires locales font par ailleurs état de retards dans le transfert des échantillons de laboratoire depuis la zone de santé de Fataki vers Bunia. Les mouvements des patients confirmés depuis Gina vers Fataki pour leur prise en charge médicale sont également perturbés depuis le 27 septembre.

Dans la zone de santé de Lita, des habitants auraient quitté leurs localités en raison de l’insécurité, tandis que certains membres du personnel impliqués dans la riposte auraient quitté leurs postes par mesure de précaution.

OCHA et les partenaires humanitaires appellent ainsi toutes les parties à respecter leurs obligations en matière de protection des civils et à garantir l’accès humanitaire aux populations affectées par les violences.

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