RDC : Amnesty International réclame un mécanisme judiciaire internationalisé pour les crimes commis depuis 1993

RDC : Amnesty International réclame un mécanisme judiciaire internationalisé pour les crimes commis depuis 1993

Dans une campagne lancée le 1er octobre, Amnesty International appelle le président Félix Tshisekedi à mettre en place un mécanisme judiciaire internationalisé pour enquêter sur les crimes relevant du droit international et engager, lorsque les responsabilités sont établies, des poursuites contre leurs auteurs présumés. Cette mobilisation vise à obtenir juste pour les victimes des crimes graves commis en République démocratique du Congo depuis 1993.

Par Patient MBY

L’appel concerne particulièrement les crimes commis entre 1993 et 2003, période couverte par le Rapport Mapping des Nations unies. Ce document avait recensé de nombreuses violations graves commises en RDC par des forces congolaises et étrangères ainsi que par différents groupes armés.

Pour Amnesty, plusieurs de ces crimes n’ont toujours pas donné lieu à des procédures judiciaires à la hauteur des faits documentés. L’organisation indiqué que les victimes et les survivants méritent l’accès à la justice, à la vérité et à des réparations en cas des responsabilités établies.

« Après 3 décennies d’atrocités, Amnesty estime que les autorités congolaises et la communauté internationale doivent agir pour mettre fin à l’impunité, établir les responsabilités et rendre justice aux victimes et aux survivants », a déclaré l’organisation de défense des droits humains.

Des crimes du passé aux violences actuelles

Amnesty inscrit cette demande dans le contexte sécuritaire actuel de l’Est de la RDC. L’organisation cite notamment les exactions rapportées à Kishishe, les détentions illégales, les actes de torture et les demandes de rançon signalés à Goma et Bukavu.

À cela s’ajoute les attaques attribuées aux ADF dans les territoires de Beni et Lubero, au Nord-Kivu, ainsi qu’à Mambasa et Irumu, en Ituri.

Dans le même plaidoyer, Amnesty pointe également des violations graves attribuées à certains éléments des forces armées de la République démocratique du Congo et leurs alliés.

Amnesty International sollicite une enquête holistique sur tous les acteurs présumés de crimes relevant du droit international, sans distinction de nationalité ou d’appartenance. Ce mécanisme internationalisé devrait disposer, selon l’ONG, des garanties d’indépendance et de moyens suffisants pour mener ses enquêtes et engager des poursuites. Les relations entre ce mécanisme, la justice congolaise et la Cour pénale internationale devront être définies clairement souligne-t-elle.

Pour l’ONG, la participation des victimes aux procédures, leur accès à une assistance juridique ainsi que leur droit à des réparations en cas de responsabilité établie font partie de ce plaidoyer.

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