Metalkol : des exploitants illégaux reprennent une partie de la concession malgré les mesures de Tshisekedi

Metalkol : des exploitants illégaux reprennent une partie de la concession malgré les mesures de Tshisekedi

Par Charles Muhindo

Des exploitants miniers opérant sans autorisation auraient repris le contrôle d’une partie de la concession de Metalkol, filiale d’Eurasian Resources Group (ERG), dans la province du Lualaba. Selon Africa Intelligence, ces exploitants bénéficieraient de la protection de militaires et mèneraient désormais des activités d’extraction à une échelle qualifiée de quasi industrielle.

La situation intervient quelques mois après une opération menée en mai par la Maison militaire du chef de l’État et l’Inspection générale des FARDC. Cette intervention avait permis de déloger les occupants d’une partie du site et de saisir ou placer sous scellés plus d’une centaine d’engins lourds. Des sources congolaises évoquent notamment 131 à 145 équipements, selon les décomptes retenus par les différentes parties.

Selon les informations rapportées par Africa Intelligence, de nouveaux engins, notamment des excavatrices et des camions, devraient rejoindre la zone occupée. Le média fait également état de ressortissants chinois présents sur le site et travaillant sous la protection présumée d’éléments des FARDC et de la Garde républicaine. Ces informations n’ont pas, à ce stade, fait l’objet d’une confirmation officielle des autorités concernées.

Le dossier de la coopérative Hosanna

La coopérative minière Hosanna est au cœur de cette affaire. Elle avait occupé une partie du périmètre de Metalkol en invoquant notamment des activités liées au curage ou à la dépollution de la rivière Musonoi. Les autorités congolaises avaient toutefois contesté l’existence d’une autorisation permettant à la coopérative d’exploiter les ressources minières du périmètre concerné.

En mai, la mission conjointe de la Maison militaire et de l’Inspection générale des FARDC avait conduit au retrait des occupants du site. Mais quelques semaines plus tard, une nouvelle intervention militaire avait été signalée autour des engins saisis et placés sous scellés, alimentant les interrogations sur la persistance de réseaux d’exploitation clandestine.

En septembre, de nouvelles informations faisaient déjà état d’une reprise de l’exploitation sur cette partie de la concession. ERG affirmait alors que des excavatrices et des camions fonctionnaient autour du site et que des quantités importantes de matériaux étaient évacuées vers des installations voisines. L’Inspection générale des mines avait confirmé que le gouvernement avait été informé de la situation et indiqué que des mesures étaient envisagées pour y apporter une solution durable.

Une nouvelle alerte autour du déversoir de Nzilo

La situation prend une dimension supplémentaire avec l’obstruction signalée du déversoir de Nzilo. Selon les informations rapportées ce samedi 3 octobre, la coopérative présente sur le périmètre aurait bloqué cet ouvrage afin d’éviter l’inondation de la zone qu’elle occupe.

Cette obstruction aurait pour conséquence de modifier l’écoulement des eaux et de faire peser un risque sur les infrastructures hydrauliques et énergétiques de la région. Metalkol et ERG alertent également sur les conséquences possibles pour les zones agricoles situées en aval du barrage de Kasubantu ainsi que pour le village de Port-Lambert en cas de fortes précipitations.

Les mesures de Tshisekedi mises à l’épreuve

Cette nouvelle occupation intervient alors que le président Félix Tshisekedi avait donné des instructions visant à mettre fin à la présence illégale d’exploitants et de militaires dans les concessions minières.

L’opération de mai avait été présentée comme une première réponse à ces instructions. Elle avait permis de récupérer le contrôle de la concession et de neutraliser une importante quantité de matériel utilisé sur le site.

La reprise signalée depuis août pose désormais la question de la capacité des autorités à maintenir le contrôle du périmètre après les opérations de sécurisation.

Africa Intelligence rapporte par ailleurs que les pertes potentielles liées à l’exploitation illégale des concessions de plusieurs filiales d’ERG en RDC pourraient atteindre plusieurs milliards de dollars. Ces estimations relèvent toutefois des informations et évaluations rapportées par le média et ne constituent pas, à ce stade, une évaluation officielle établie par les autorités congolaises.

À Metalkol, l’enjeu dépasse désormais la seule question de l’exploitation des résidus miniers. La nouvelle occupation soulève également des questions de sécurité, de contrôle des concessions, de protection des infrastructures hydrauliques et de respect des décisions prises par les autorités congolaises.

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