Par Emmanuel Medina
La justice militaire de la République démocratique du Congo fait preuve d’une extrême fermeté face au manque de discipline sur les lignes de front. À l’issue d’un procès en flagrance qui a captivé l’opinion publique, le tribunal militaire de garnison d’Uvira a condamné, ce vendredi 2 octobre, 27 militaires à la peine capitale pour lâcheté devant l’ennemi. Au total, 112 soldats des Forces armées de la RDC (FARDC) comparaissaient pour avoir abandonné leur poste lors des combats contre la coalition rebelle.
Le jugement rendu public par la cour militaire établit des responsabilités à plusieurs niveaux parmi les prévenus : 27 militaires condamnés à la peine de mort pour lâcheté devant l’ennemi, 54 militaires condamnés à une peine de 5 ans de servitude pénale, suivi de 10 militaires reconnus coupables de violation des consignes et condamnés à 6 mois de prison, 21 militaires déclarés non coupables et purement acquittés.
Parmi les personnes jugées coupables de lâcheté ou de violation des consignes figurent six femmes militaires, bien que le détail de leurs peines individuelles n’ait pas été spécifié.
Les faits reprochés à ce contingent de soldats se sont produits dans un contexte de forte pression militaire dans la province du Sud-Kivu. Ces hommes et femmes de troupes avaient fui les zones de combats alors qu’ils devaient repousser les assauts d’une coalition armée d’envergure, associant les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), les combattants du RED Tabara ainsi que la milice Twirwaneho.
Débutées le 15 septembre dernier, ces audiences publiques en flagrance visaient à juger rapidement les déserteurs pour envoyer un signal clair de discipline au reste des troupes engagées dans l’Est du pays. Ce verdict particulièrement lourd intervient alors que le gouvernement congolais a réactivé l’exécution de la peine de mort pour contrer les trahisons et l’indiscipline au sein des forces de défense et de sécurité.













