Kasaï-Central : Gouverneur Moïse kambulu poussé à la porte

Kasaï-Central : Gouverneur Moïse kambulu poussé à la porte

Par patient Mubiayi MBY 

Les partis membres de l’Union sacrée et leurs alliés de la province du Kasaï-Central ont, dans une déclaration d’hier mardi 31 décembre 2024, exigé la démission «immédiate et forcée» du gouverneur Moïse Kambulu Nkonko.

Les membres de l’Union sacrée ayant tenu cette déclaration reprochent au gouverneur Kambulu d’avoir agi en opposant, en tenant des propos allant à l’encontre de la vision du chef de l’État. 

«Cependant, le représentant officiel du chef de l’État, opposant à la vision du garant de la nation, a oublié tous les efforts et sacrifices du gouvernement central, en dépit de la guerre  imposée par le Rwanda et ses complices», a déclaré l’un des membres du secrétariat exécutif provincial de l’Union sacrée.

Pour les membres  de l’Union sacrée, le gouverneur n’a pas considéré les œuvres déjà réalisées par le chef de l’État dans sa juridiction, notamment «la construction de l’université de Kananga au standard international, la construction de la morgue moderne avec une énergie autonome, la construction et la réhabilitation de l’Athénée de Kananga, l’éradication de certaines érosions qui ternissaient déjà l’image de la ville de Kananga», s’exprime avec indignation l’Union sacrée, en soulignant la budgétisation de la construction de la route Kananga-Kalamba-mbuji et des barrages des chutes Katende et Mbombo et l’ouverture de plusieurs chantiers par l’entreprise Safrimex sur la ville.

La plateforme politique de Félix Tshisekedi, au niveau provincial, oblige le départ inconditionnel de Moïse Kambulu Nkonko de la tête de la province du Kasaï-Central, pour avoir un gouverneur qui, selon eux, est «un gouverneur de confiance », qui va développer la province. 

Pourquoi cette démission ?

Le gouverneur de province du Kasaï-Central Joseph-Moïse Kambulu Nkonko avait, lors du briefing de la presse tenu le 24 décembre dernier à Kananga, coanimé par le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, et son homologue des Infrastructures et Travaux publics, Alexis Gisaro, déclaré que «dans la province du Kasaï-Central, tout est prioritaire et dans tous les  secteurs ». À propos des infrastructures, je viens de le dire tout à l’heure, qu’il n’y a encore rien», en dressant un bilan sombre de la situation infrastructurelle de sa province. «Il y a deux offices qui n’existent que de noms. Je le répète et je m’assume. Nous avons l’Office des routes qui n’a rien et qui ne fait rien, nous avons l’OVD qui n’a rien et qui ne fait rien, voilà le tableau macabre de la province du Kasaï-Central, je suis gêné, je suis peiné», s’était-il indigné. 

Ces propos étaient tenus au moment où le président de la République, Félix Tshisekedi, était à Kananga depuis le 23 décembre, où il avait décidé de fêter Noël aux côtés des Kanangais. Dans un meeting populaire à la place de l’indépendance de la ville, Félix Tshisekedi avait appelé aux apaisements des uns des autres, en promettant qu’il ne va pas terminer son deuxième mandat sans réaliser le projet de la construction de la route Kananga Kalamba-mbuji, longue de 280 km, qui va relier la ville de Kananga au port de Lobito en Angola. 

Une province sous les signaux rouges

Le gouverneur Joseph-Moïse Kambulu avait aussi repris les désidératas de la population centre-kasaïenne qui demandait le courant électrique, de l’eau et des routes. Les mêmes besoins ont été exprimés par l’archevêque métropolitain Félicien Ntambwe devant le président de la République, dans son homélie, à l’occasion de la célébration de Noël, à la paroisse Saint-Clément de Kananga. 

Hormis ces priorités, la province du Kasaï-Central fait face à la vie chère avec la hausse fulgurante des prix des produits de première nécessité. Les têtes d’érosion qui coupent la communication intercommunale. 

La population attend du chef de l’État la construction de la route Kananga-Kalamba-mbuji pour désenclaver l’espace Kasaï et faciliter les trafics entre le Congo et l’Angola à travers la province du Kasaï-Central, mais aussi l’installation des entreprises de transformation pour avoir de quoi échanger avec l’Angola au lieu de devenir une débouchée de ce dernier. 

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