Accord RDC-Rwanda : Amnesty International alerte sur l’oubli des victimes dans le processus de paix

Accord RDC-Rwanda : Amnesty International alerte sur l’oubli des victimes dans le processus de paix

Par Pierre Kabakila

Alors que l’accord de paix signé le 27 juin à Washington entre la République démocratique du Congo et le Rwanda est présenté comme une avancée diplomatique majeure, l’ONG Amnesty International s’inquiète de l’absence de dispositions liées à la justice pour les victimes des violences dans l’Est de la RDC.

Dans une déclaration rendue publique ce mardi, la secrétaire générale d’Amnesty International, Agnès Callamard, a estimé que l’accord a « manqué l’occasion de s’attaquer de manière décisive à un moteur ancien du conflit », en ne prévoyant aucune mesure concrète contre l’impunité.

« Lorsqu’aucune enquête ni sanction n’est menée contre les auteurs de violations des droits humains, cela alimente un cycle sans fin d’exactions, dont les civils font les frais. Cela doit cesser si l’on veut assurer une sécurité durable », a-t-elle ajouté.

Aucune clause de poursuite judiciaire mentionnée

Dans le contenu connu de l’accord, aucune mention explicite n’a été faite sur des mécanismes de justice ou de poursuite contre les responsables des crimes commis dans les provinces de l’Est, théâtre de violences depuis des décennies. Amnesty International y voit un manque grave de considération pour les droits des victimes et une répétition des erreurs des accords passés.

Des affrontements malgré l’accord

Parallèlement à cet appel, l’ONG affirme avoir reçu des rapports crédibles faisant état de nouveaux combats entre les rebelles du M23 et les groupes armés Wazalendo dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Ces combats, selon Amnesty, ont causé la mort de civils et donné lieu à des enlèvements de jeunes hommes par le M23.

M23 en retrait, inquiétudes renforcées

Alors même que l’accord est censé apaiser les tensions régionales, le M23 — qui mène des discussions séparées avec Kinshasa sous médiation qatarie — a déclaré ne pas se sentir concerné par le texte de Washington. Une position qui renforce les doutes sur l’effectivité de cet accord sur le terrain.

Face à ce constat, Amnesty International appelle les deux États signataires à exercer leur influence sur les groupes armés concernés, afin de garantir la protection des civils et le respect du droit humanitaire.

« La RDC et le Rwanda doivent aux populations de l’Est – qui continuent de subir d’immenses souffrances – d’user de leur influence sur ces groupes armés qu’ils soutiennent ou avec lesquels ils collaborent », conclut Agnès Callamard.

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