Dans une volonté affirmée de rationaliser les dépenses publiques et de mettre fin aux dérives administratives, le gouvernorat du Kongo Central impose désormais un plafond strict de 20 membres par cabinet ministériel provincial. Une mesure qui s’appuie sur les recommandations de l’Inspection générale des finances et qui pourrait redéfinir le fonctionnement de l’administration provinciale.
Par Medina
Le gouvernorat du Kongo Central serre la vis. À travers une correspondance officielle datée du 25 février 2026, signée par Anne-Marie Tsasa Mbuzi, directrice de cabinet du gouverneur Grâce Nkuanga Bilolo, les ministres provinciaux sont sommés de restructurer immédiatement leurs cabinets. Désormais, chaque cabinet ne pourra compter plus de 20 membres.
Cette décision fait suite à une première lettre adressée le 20 janvier 2026, exigeant la transmission des listes complètes des collaborateurs ministériels. Elle s’appuie sur les conclusions d’une mission de l’Inspection Générale des Finances (IGF), qui a mis en lumière plusieurs irrégularités : effectifs pléthoriques, dépassements budgétaires et pratiques jugées contraires à la loi n°13/008 du 22 janvier 2013 modifiant la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 relative à la libre administration des provinces.
Selon des sources proches du gouvernorat, ces excès pèsent lourdement sur des finances provinciales déjà fragilisées. Les ministres disposent d’un ultimatum fixé au 1er mars 2026 pour se conformer à la directive, sous peine de sanctions. « Cette réforme vise à garantir une administration plus efficace et transparente, en alignant les cabinets sur les normes légales et budgétaires », confie une source administrative.
Figure centrale de cette restructuration, Anne-Marie Tsasa Mbuzi, ancienne juge au Conseil d’État nommée en juin 2024 à la tête du cabinet du gouverneur, est perçue comme l’architecte technique de cette réforme. Son expérience judiciaire et administrative constitue, selon plusieurs observateurs, un atout déterminant pour conduire ces changements.
La mesure intervient dans un contexte budgétaire tendu, marqué par le dépôt récent du projet d’édit budgétaire 2025 et les débats autour de la recevabilité du budget 2026. Pour de nombreux analystes, la réduction des effectifs ministériels pourrait permettre de réallouer des ressources vers des secteurs prioritaires tels que les infrastructures et les services sociaux de base, tout en renforçant la lutte contre la corruption.
Les réactions restent partagées au sein de l’exécutif provincial : certains ministres saluent une décision qui clarifie les règles du jeu, tandis que d’autres redoutent des perturbations dans la gestion quotidienne de leurs portefeuilles. L’Assemblée provinciale, qui avait procédé à un réaménagement gouvernemental en août 2025, suivra de près la mise en œuvre de cette directive.
En attendant une communication officielle plus détaillée du gouvernorat, cette réforme marque un tournant dans la gouvernance provinciale et pourrait servir de modèle à d’autres provinces de la RDC en quête d’une administration plus sobre et plus performante.













