«Le sensationnalisme est un poison»: le professeur Ekambo tance la presse lors du séminaire de l’IGF

«Le sensationnalisme est un poison»: le professeur Ekambo tance la presse lors du séminaire de l’IGF

Par Siméon Isako et Emmanuel Medina

Un plaidoyer académique pour la salubrité médiatique. À l’ouverture de ce quatrième jour du séminaire de renforcement des capacités des partenaires médias et société civile pour l’appropriation du plan stratégique triennal 2026-2028 de l’Inspection Générale des Finances (IGF) ce jeudi 11 juin à Kinshasa, le professeur Jean-Chrétien Ekambo a axé son intervention magistrale sur la responsabilité des journalistes S’exprimant sur les fondamentaux des sciences de l’information, et de la communication cette figure de proue du monde universitaire a exhorté les professionnels des médias à abandonner la quête du buzz pour revenir aux règles d’or de la collecte et du traitement factuel des données publiques

Pour le professeur Ekambo, le rôle du journaliste n’est pas d’enflammer l’espace public, mais d’agir en traducteur pédagogue de la gouvernance de l’État.

« Le sensationnalisme est le poison de la vérité. L’information médiatique, particulièrement lorsqu’elle touche au contrôle des finances de l’État, doit être dépouillée de toute fioriture polémique pour s’appuyer exclusivement sur l’exactitude des faits et la rigueur narrative. Le journaliste éthique collecte, vérifie et valide avant de diffuser ; il n’interprète pas les intentions, il expose les faits. » a-t-il déclaré

Éthique et déontologie : Le rapport de responsabilité entre médias et agents publics

Le dernier module, d’une haute portée stratégique, a mis en lumière les frontières juridiques et les obligations morales qui lient les professionnels des médias aux agents de l’administration publique. Ce panel a été co-développé par le professeur Philippe Tonda et Monsieur Tupa Kamango, Directeur Général de l’Observatoire de la Surveillance de la Corruption et de l’Éthique Professionnelle (OSCP).

Les deux intervenants ont décortiqué le rapport direct entre le code de déontologie des journalistes et le code de conduite de l’agent public, dégageant des conclusions claires à savoir : L’intérêt général comme boussole commune ; si le journaliste cherche la vérité pour informer le souverain primaire, l’agent public doit observer une régularité totale pour préserver le patrimoine de l’État, suivi du secret professionnel face au droit à l’information; l’analyse a permis de tracer la ligne de démarcation entre l’obligation de réserve et de confidentialité qui s’impose à l’inspecteur des finances durant l’instruction, et le droit d’accès aux documents publics garanti par les lois de la République.

Le rempart contre les antivaleurs : Le DG de l’OSCP, Monsieur Tupa Kamango, a démontré que le respect strict de l’éthique professionnelle par l’agent public assainit l’administration de l’intérieur, tandis que le journaliste éthique agit comme une sentinelle externe, dénonçant les dérives sans verser dans le chantage ou la diffamation.

Dans la droite ligne de cette ouverture, le Directeur Général de l’Observatoire de la Surveillance de la Corruption et de l’Éthique Professionnelle (OSCP), Monsieur Tupa Kamango, a pris la parole pour lier la responsabilité des médias à celle des fonctionnaires :

« Le respect strict du code d’éthique professionnelle par l’agent public constitue le premier rempart contre les antivaleurs de la corruption. C’est ici que se crée la complémentarité : l’agent de l’État travaille sous l’obligation de réserve, tandis que le journaliste éthique agit comme une sentinelle externe, dénonçant les dérives sans verser dans le chantage, la diffamation ou le règlement de comptes. » a-t-il martelé

Notons que, ce séminaire de haute facture amorce son dernier virage ce vendredi, ouvrant la voie à la rédaction des recommandations finales attendues pour la clôture de ce samedi 13 juin 2026. Le message du professeur Ekambo, Philippe Tonda et du DG Tupa Kamango résonne désormais comme un code de conduite transitoire pour les professionnels des médias. Il appartient désormais aux journalistes et aux inspecteurs des finances de transformer ces six jours d’intenses débats en un bouclier déontologique commun, garantissant une information financière assainie, crédible et rigoureusement factuelle.

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