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Kisanfu, Kinsakala et Kawama, trois entités situées à environ 60 kilomètres de la ville de Kolwezi, dans la province du Lualaba, traversent un calvaire sécuritaire sans précédent. Du jeudi 03 au samedi 05 juillet 2025, au moins 8 corps sans vie de motocyclistes, dont 7 retrouvés dans la brousse à Kisankala, à 2 km de Kisanfu, et un autre découvert abandonné dans une maison inhabitée.
Ces informations sont confirmées par Mexa Mukanya, président de la société civile locale, dans un entretien exclusif accordé à REPORTER.CD ce dimanche 06 juillet. Les circonstances autour de cette mort tragique n’ont pas encore été éclaircies. Mexa Mukanya révèle que le corps d’un motocycliste retrouvé hier en état de putréfaction avait été amputé de ses parties intimes et ses yeux crevés. Ce qui résume une insécurité persistante qui ne dit pas son nom.
Les localités de Kisanfu, Kisankala et Kawama livrées à elles-mêmes
L’insécurité bat son plein depuis plusieurs jours dans les entités de Kisanfu, Kisankala et Kawama, devenues un triangle de la violence et de l’impunité. La société civile dénonce ce qu’elle qualifie de « perversion » des services de sécurité dont les FARDC et la police nationale, qui se sont détournés de leur mission régalienne pour s’engager dans la mine, abandonnant la population à elle-même.
« Nous vivons dans une zone de non-droit où les services de l’État se sont pervertis. Ils ne rendent plus leurs missions nobles. Tous les services, leurs yeux se sont retournés vers les activités minières. D’où, il n’y a plus moyen de protéger la population », a déclaré Mexa Mukanya, joint au téléphone par REPORTER.CD.
Selon la même source, la situation sécuritaire s’est encore détériorée lorsque les localités concernées ont accueilli des rescapés du phénomène Kaniama Kasese provenant des villes de Lubumbashi, de Kolwezi et parfois de Kinshasa. Faute d’encadrement, ces jeunes se livrent au vol, à l’extorsion des biens des habitants et à des tueries sous couvert des partis politiques.
M. Mukanya déplore l’« inefficacité » des services de sécurité qui se sont immergés tous dans les activités minières en oubliant leurs objectifs primaires. Il souligne par ailleurs que certains actes de banditisme se déroulent sous l’œil impuissant des éléments de sécurité censés intervenir pour assurer l’ordre public.
Ces corps inertes déjà en décomposition ont été enterrés avec l’autorisation des autorités locales. Face à l’insécurité inquiétante, la société civile sollicite l’intervention du ministère de l’Intérieur et exige également le changement des responsables du secteur sécuritaire dans ces localités devenues l’épicentre de la violence.













