Face à ce qu’ils qualifient de « grave injustice », les conseils de l’Initiative Écologique et Biodiversité pour le Congo (IEBCO) ont brisé le silence. Maître Vali Kala et ses confrères tirent la sonnette d’alarme sur les dérives des services de renseignement militaire.
Par Gédéon ATIBU
Dans une sortie médiatique musclée ce mercredi 4 mars 2026, les avocats de la famille Kabila ont dénoncé une violation systématique de l’État de droit.

« La justice militaire est descendue à la 18e rue Limete avec un mandat de perquisition en avril 2025. Rien de compromettant n’avait été trouvé. Pourtant, nous constatons aujourd’hui que la majorité des objets saisis ont été dissipés par les services de renseignement militaire », a déploré Maître Vali Kala.
Le récit fait froid dans le dos. Selon la défense, un colonel des renseignements militaires aurait, au mépris des procédures, brisé les scellés pour orchestrer un véritable « pillage » organisé. Camions chargés vers des destinations inconnues, coffres-forts emportés, et même des sommes d’argent destinés à la paie des ouvriers volatilisées.
« Pourquoi ces objets ont-ils été volés ? Qui a donné l’ordre ? Quel mécanisme de contrôle existe-t-il pour éviter de tels abus ?», s’interroge le collectif des avocats, qui fustigent une opacité totale au sein des institutions de sécurité.
Au-delà des dégâts matériels, c’est le drame humain qui préoccupe. Deux agents, dont Monsieur Lembe, âgé de plus de 70 ans, ont été « enlevés » et sont détenus au secret depuis plus de 11 jours sans accès à leurs familles ni à leurs conseils. « Mon client a été simplement enlevé. On ne sait pas le retrouver. C’est un travailleur de plus de 70 ans. Sa femme est aujourd’hui dans un état déplorable car elle ignore où se trouve son mari », a martelé Maître Victor Eden, coordonnateur de Droit Plus.
Les avocats dénoncent également un « déguerpissement voilé » sur le site de la 18e rue, où même des cabinets d’avocats et des locataires tiers se voient interdits d’accès par des hommes en uniforme. Face à ces faits de grave violation des droits humains, le collectif a appelé les autorités compétentes à ouvrir une enquête immédiate. Pour eux, le vol de ces biens et la détention arbitraire de ces citoyens ne sont pas seulement des actes criminels, mais une « atteinte à la démocratie »
Cette sortie médiatique sonne comme un dernier avertissement pour que justice soit rendue et que la « sacralité de la propriété privée », chère à loi fondamentale congolaise, soit enfin respectée.













