Par Patient MBY
Lors d’une rencontre avec la communauté congolaise de Bruxelles, le président Félix Tshisekedi a publiquement exprimé son désaccord avec le dialogue national inclusif prôné par les confessions religieuses, notamment la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).
Alors que l’ECC-CENCO a déjà rendu publique sa feuille de route, le chef de l’État, qui devrait en principe avaliser cette initiative, conditionne désormais la tenue d’un tel dialogue à sa propre disparition. Une déclaration choc qui vient briser les espoirs et compromettre les efforts des confessions religieuses visant le retour de la paix.
« Alors ça, moi, j’ai dit, ça n’arrivera plus, en tout cas, à moins qu’on me dégomme, on me tue, mais tant que je serai vivant, ça n’arrivera pas. Ça n’arrivera pas parce que c’est à cause de ça que nous sommes toujours dans nos problèmes ici. Toutes ces farces qu’ils ont appelées dialogue, ceux-ci, ceux-là, qui se sont terminées par des brassages, des mixages, des unions nationales, ou que sais-je encore, et c’est tout ça qui a emmené les problèmes que nous avons », a déclaré Félix Tshisekedi, à la surprise générale.
Cette sortie tranche avec sa précédente position, où il affirmait qu’un dialogue pourrait avoir lieu sous son propre leadership.
Devant un public restreint, le président s’est toutefois dit favorable à un dialogue, mais pas à celui actuellement en préparation, qu’il considère comme étant mené par des « émissaires des agresseurs » défendant des intérêts étrangers.
« Tous ceux qui parlent de dialogue et tout ça, qui présentent aussi à leur manière les choses en disant, voilà, on ne veut pas du dialogue, oui, on ne veut pas de ce dialogue-là. Celui-là, on n’en veut pas. On veut d’un dialogue entre Congolais qui sont tous contre cette agression. La seule chose que je demande à ces gens qui veulent le dialogue, c’est d’abord de condamner l’agresseur, de le nommer clairement et de le condamner. Et là, alors, on va dire, ce sont des patriotes qui peuvent se mettre à nos côtés pour parler de dialogue. On ne parle pas de dialogue avec des émissaires, des agresseurs, qui d’ailleurs, quand ils arrivent à la table des discussions, parlent que d’intérêts des agresseurs. Ils ne parlent pas des intérêts des Congolais. Il n’y a rien qui concerne les Congolais », a-t-il indiqué.
Avec cette prise de position, le Chef de l’État ferme la porte à l’idée d’un dialogue national initié par les confessions religieuses, alors que l’opposition politique continue de réclamer une telle rencontre pour résoudre les causes profondes de la crise actuelle. Ce refus intervient dans un contexte où sa main tendue à Paul Kagame pour construire une paix durable suscite déjà de vives critiques, notamment du côté rwandais.













