RDC : Ebola, la grève des enseignants et l’insécurité compliquent la rentrée scolaire dans l’Est

RDC : Ebola, la grève des enseignants et l’insécurité compliquent la rentrée scolaire dans l’Est

La rentrée scolaire 2026-2027 a débuté ce mardi 1er septembre dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, mais le retour des élèves en classe ne se fait pas sans difficultés. Dans les parties du Nord-Kivu et de l’Ituri touchées par Ebola, les élèves étaient moins nombreux dans plusieurs établissements, certains parents étant inquiets face à l’évolution de l’épidémie. En même temps, l’appel à la grève lancé par des syndicats d’enseignants pèse sur la reprise, dans des provinces où l’insécurité continue également de perturber les activités quotidiennes de la population.

Par Charles Muhindo

Dans certaines écoles, les portes étaient bel et bien ouvertes et les cours ont commencé. C’est notamment le cas dans plusieurs établissements privés où des élèves ont été vus accompagnés de leurs parents pour cette première journée.

Dans le secteur public et conventionné, la situation était cependant différente. À Butembo, à Beni et dans certaines agglomérations de l’Ituri, plusieurs établissements n’ont pas enregistré un engouement important. À Butembo, par exemple, dans une école primaire qui compte environ 1 400 élèves, seuls quelque 400 étaient présents ce mardi.

Des responsables d’écoles estiment que certains habitants ont encore des inquiétudes liées à Ebola et hésitent, par conséquent, à envoyer leurs enfants à l’école. Certains parents préfèrent ainsi attendre avant de les laisser reprendre les cours.

La prévention contre Ebola constitue justement l’une des principales préoccupations de cette rentrée. Selon le constat fait par Reporter.cd, certaines écoles ont installé des dispositifs de lavage des mains afin de permettre aux élèves et aux enseignants de se désinfecter ou de se laver les mains avant d’entrer en classe.

Mais ces dispositifs ne sont pas encore présents partout. Dans certains établissements, les lave-mains sont placés devant les salles de classe, tandis que d’autres n’en disposent qu’à l’entrée de l’école.

Une fois les élèves à l’intérieur, une autre difficulté se pose : en raison de la forte concentration d’élèves dans certaines classes, il est difficile de maintenir une distance suffisante entre les enfants, notamment dans les écoles primaires.

À cet âge, les enfants ont encore du mal à respecter durant toute une journée des consignes consistant à garder leurs distances et à éviter certains contacts. Dans les salles de classe, les élèves sont généralement installés comme à l’accoutumée.

Selon un responsable local de l’EPST, les établissements scolaires doivent ainsi trouver un équilibre entre la nécessité d’assurer la continuité des enseignements et le respect des mesures de prévention recommandées par les équipes sanitaires.

À cette préoccupation sanitaire s’ajoute la contestation des enseignants. Plusieurs syndicats ont appelé à ne pas reprendre les cours, dénonçant notamment leur situation salariale, le non-paiement de plusieurs enseignants nouvelles unités ainsi que d’autres revendications liées aux conditions de travail et à la retraite.

À Butembo, le SYECO avait annoncé une grève sèche à partir de ce mardi, invitant les parents à garder leurs enfants à la maison jusqu’à nouvel ordre. Une nouvelle évaluation de la situation est annoncée par les enseignants dans les prochains jours.

Le contexte sécuritaire vient également compliquer la rentrée. Le Nord-Kivu et l’Ituri restent confrontés à l’activisme de plusieurs groupes armés, tandis que les déplacements de population continuent d’affecter les activités scolaires.

Pour certaines familles, il est donc difficile d’envoyer les enfants à l’école dans un tel environnement. La situation économique, déjà fragilisée par les conséquences de la guerre, constitue également un obstacle pour de nombreux ménages.

Pour cette première journée, la rentrée est donc effective, mais elle ne se déroule pas de la même manière dans toutes les zones. Des élèves ont retrouvé leurs enseignants, des cours ont commencé dans certains établissements et des parents ont accompagné leurs enfants.

Dans d’autres écoles, notamment publiques et conventionnées, les effectifs restent cependant faibles. Entre la progression d’Ebola, le mouvement de grève annoncé par les enseignants et l’insécurité persistante, la reprise devra encore attendre avant de retrouver un fonctionnement normal dans plusieurs parties du Nord-Kivu et de l’Ituri.

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