La République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) ont adopté, jeudi 27 août dernier à Lubumbashi, une feuille de route visant à organiser le retour de près de 87 000 Congolais vivant en Tanzanie. Ce retour est présenté comme volontaire et progressif, vers des zones aménagées pour leur réinstallation.
Par Charles Muhindo
À l’issue de la 8ᵉ réunion tripartite, le vice-Premier ministre et ministre de l’Intérieur, a indiqué que les conditions doivent être acceptables avant ce processus. Jacquemain Shabani Lukoo, a notamment évoqué la situation au Sud-Kivu, où plusieurs zones restent confrontées à l’insécurité. Face à cette instabilité sécuritaire, les retours vers certaines parties du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri ne sont pas encouragés pour le moment.
« Le retour des réfugiés reste non seulement un droit le plus légitime pour les concernés, mais aussi une obligation pour nos gouvernements. La paix et la sécurité constituent des éléments majeurs de conditionnalité dans le processus de rapatriement des réfugiés », a déclaré Jacquemain Shabani Lukoo.
De son côté, le représentant adjoint du HCR en RDC, Patrick Marc Kirya, a indiqué que l’agence onusienne entend privilégier un retour volontaire des réfugiés dans leurs régions d’origine.
« Notre responsabilité consiste donc à garantir aux réfugiés l’accès à des informations exactes et actualisées afin qu’ils puissent prendre leurs décisions librement et en pleine connaissance de la situation », a-t-il expliqué.
Le dispositif ne concerne pas tous les réfugiés en même temps. Les trois parties se sont convenues d’organiser un retour progressif, avec une première phase destinée à un nombre réduit de personnes ayant déjà exprimé leur volonté de rentrer. Le groupe actuellement accompagné par le consulat de la RDC à Kigoma pourrait notamment être concerné par cette première étape.
Selon les conclusions des assises, Kinshasa, Dodoma/Dar es-Salaam et le HCR devront désormais élaborer des plans de travail pour 2026 et 2027. Ceux-ci porteront notamment sur l’information des réfugiés, l’évaluation des zones de retour, la recherche des familles, l’accueil, le transport et le suivi des personnes après leur arrivée en RDC. La réintégration socio-économique figure également parmi les points soulevés.
La Tanzanie a, par ailleurs, appelé les partenaires internationaux à mobiliser les moyens nécessaires pour accompagner ce processus. Les trois parties prévoient également de renforcer la prise en charge scolaire des enfants congolais vivant dans le camp de Nyarugusu.
La prochaine réunion de la Commission tripartite RDC-Tanzanie-HCR est annoncée en Tanzanie. Les autorités devront notamment faire le point sur la mise en œuvre des engagements pris à Lubumbashi.













