Par R. Lebisabo
Le Rwanda aurait exercé un « commandement et contrôle » direct sur la rébellion du M23-AFC dans l’Est de la République Démocratique du Congo, dans le but d’accéder aux zones riches en minerais. C’est ce que révèle un rapport confidentiel des experts des Nations Unies dont l’agence de presse Reuters a eu connaissance. Ces conclusions jettent une lumière crue sur la dynamique du conflit qui déstabilise la région.
Selon ce document, Kigali aurait joué un rôle clé non seulement dans la formation et le recrutement des rebelles du M23, mais aussi dans leur approvisionnement en équipement militaire sophistiqué. Les experts de l’ONU mentionnent notamment des « systèmes de haute technologie capables de neutraliser les moyens aériens », offrant ainsi au M23 un avantage significatif sur les Forces Armées de la RDC (FARDC).
Une publication imminente et des accusations persistantes
Ce rapport, déjà soumis au comité des sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU pour le Congo, devrait être rendu public début mai. Sa publication intervient alors que l’année 2024 et le début 2025 ont été marqués par une intensification des attaques du M23-AFC. Ces offensives ont permis aux rebelles d’occuper des villes stratégiques comme Goma au Nord-Kivu et Bukavu au Sud-Kivu, des avancées attribuées au soutien du Rwanda par de nombreux rapports.
Malgré ces accusations répétées, Kigali a toujours nié son soutien à la rébellion, affirmant que son armée agissait en légitime défense contre les FARDC et les miliciens Hutus (FDLR). Cependant, les experts des Nations Unies estiment que l’objectif du Rwanda n’était pas de repousser les FDLR, mais bien de « conquérir certains territoires supplémentaires ». La mission de l’ONU au Rwanda et le gouvernement rwandais n’ont fait aucun commentaire sur ce rapport.
Ces révélations surviennent quelques jours après la signature, le 27 juin 2025 à Washington, d’un accord de paix entre le gouvernement congolais et rwandais, sous l’égide des États-Unis. Cet accord vise à mettre fin à des décennies de conflit entre les deux pays, mais les conclusions du rapport de l’ONU pourraient complexifier sa mise en œuvre et le climat de confiance nécessaire à une paix durable.













