Les combats se poursuivent dans les Hauts-Plateaux du Sud-Kivu, particulièrement autour de Point Zéro, une position stratégique située dans le territoire de Minembwe. Les FARDC et leurs alliés tentent de reprendre cette position contrôlée par la coalition AFC/M23-Twirwaneho, alors même qu’une mission mixte chargée de vérifier le respect du cessez-le-feu séjourne dans cette partie.
Par Charles Muhindo
Selon des informations recueillies dans la région, les forces gouvernementales, appuyées notamment par les Wazalendo et l’armée burundaise, ont lancé, depuis le 27 août dernier, des offensives à partir d’Abala vers plusieurs positions, dont Nyaruhinga, Mukoko et Point Zéro. Vendredi, des combats étaient signalés dans plusieurs endroits, alors que les deux camps continuaient de donner des versions différentes de l’évolution de la situation.
Point Zéro reste l’une des positions les plus importantes des Hauts-Plateaux du Sud-Kivu. Son contrôle permet notamment de surveiller certains axes et plusieurs positions environnantes. C’est aussi pour cette raison que cette zone est devenue, ces derniers mois, le théâtre de plusieurs affrontements entre les forces gouvernementales et les groupes armés présents dans la région.
Après avoir perdu cette position depuis plusieurs mois, les FARDC semblent déterminées à la récupérer. Des sources proches des opérations font état d’une pression militaire exercée sur les positions de l’AFC/M23 et de Twirwaneho. Même si aucune communication officielle détaillée n’a encore été faite sur la situation sur l’ensemble des lignes de front, les combats restent intenses dans cette partie du Sud-Kivu.
Ces affrontements sont signalés alors qu’une équipe chargée de vérifier le respect du cessez-le-feu issu du processus de Doha séjourne dans la région de Minembwe. Cette mission réunit notamment des représentants des FARDC et de l’AFC/M23, avec la participation de la MONUSCO et de partenaires internationaux.
La présence de cette équipe devait permettre de vérifier les accusations de violations du cessez-le-feu formulées de part et d’autre. Mais sur le terrain, les affrontements se poursuivent, illustrant déjà les difficultés auxquelles fait face ce mécanisme chargé de contribuer au respect des engagements pris dans le cadre du processus de Doha.
Ces combats interviennent également après la destruction présumée d’un avion présenté comme appartenant à l’AFC/M23 dans la zone de Minembwe. L’appareil aurait été touché alors qu’il effectuait une liaison dans cette partie du Sud-Kivu. Jusqu’ici, les autorités militaires congolaises n’ont pas encore livré de version officielle détaillée sur cet incident.
Du côté de l’AFC/M23, Benjamin Mbonimpa accuse les forces gouvernementales de mener des attaques contre leurs positions. Dans ses déclarations, il a laissé entendre que son mouvement ne resterait pas sans réagir face aux offensives en cours, évoquant notamment la possibilité de contre-attaques.
Pendant ce temps, la situation reste également mouvementée sur d’autres axes du Sud-Kivu. Sur les hauteurs en direction d’Uvira, des mouvements et des repositionnements des forces de la coalition gouvernementale ont été signalés. Selon plusieurs informations, des éléments qui se trouvaient notamment à Masango, Marimba et Ruhuha auraient effectué un repli vers Munanira, une position surplombant la ville d’Uvira.
Dans la nuit du 27 août dernier, d’autres mouvements de troupes auraient également été signalés en direction de Baraka. La situation demeure donc incertaine dans plusieurs zones de la province.
Alors que le processus de Doha prévoit notamment un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu, les combats autour de Point Zéro montrent que les positions militaires continuent d’être disputées sur le terrain et que la trêve reste fragile. La mission de vérification présente à Minembwe se retrouve ainsi face à un premier test majeur.













