Le processus de paix entre la RDC et le Rwanda a été évoqué à New York lors de la 81e Assemblée générale des Nations unies. L’accord de Washington, signé le 27 juin 2025, puis les autres engagements pris entre Kinshasa et Kigali, avaient fait naître l’espoir d’une fin de la guerre dans l’Est. Mais les déclarations entendues à l’ONU montrent que cette paix n’est pas encore présentée de la même manière par tous les acteurs impliqués dans la situation.
Par Charles Muhindo
Comme par le passé, Donald Trump a encore affirmé que son administration avait déjà mis fin à la guerre entre la RDC et le Rwanda. Le président américain a cité ce conflit parmi ses réalisations depuis son retour à la Maison-Blanche. Quelques heures plus tard, Judith Suminwa a pourtant tenu un discours contraire à celui du président américain. À la tribune de l’ONU, la Première ministre congolaise a reconnu les avancées diplomatiques, rappelant toutefois que la paix demeure « une promesse » pour des millions de Congolais.
Devant la presse, Massad Boulos, conseiller principal pour l’Afrique de Donald Trump, a, en marge de l’Assemblée générale, présenté l’accord de Washington comme un « premier pas » vers la paix. Selon lui, sa mise en œuvre prendra du temps et le processus n’est pas encore achevé. Une déclaration qui laisse entendre que les accords signés ne suffisent pas à mettre fin à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Ces discours jugés contradictoires sur l’accord de Washington ont suscité des critiques au sein de l’opposition congolaise. Claude Lubaya, ancien gouverneur du Kasaï-Occidental et membre du mouvement « Sauvons la RDC », a accusé le président Félix Tshisekedi d’avoir « fait miroiter aux Congolais une paix qui n’en était pas une ».
Dans une tribune publiée ce lundi 28 septembre, l’opposant a relevé le contraste entre les déclarations et la réalité sur le terrain, où les hostilités et les accusations de violations du cessez-le-feu continuent. Il a qualifié les propos de Massad Boulos, considérant Washington comme un point de départ, de « mensongers ».
« Donald Trump a une nouvelle fois présenté le conflit comme l’une des guerres auxquelles son administration aurait mis fin. Quelques heures plus tard, à la même tribune, la Première ministre Judith Suminwa rappelait pourtant que, malgré l’Accord de Washington et les engagements pris à Doha, la paix demeure une promesse pour des millions de Congolais. De son côté, Massad Boulos, conseiller du président américain pour l’Afrique, a apporté une troisième nuance. Il a présenté l’Accord de Washington non comme l’aboutissement du processus, mais comme son point de départ, reconnaissant que sa mise en œuvre prendrait du temps et que le processus n’est pas achevé. En quelques jours, trois discours et trois perceptions d’une même réalité », a écrit Claudel Lubaya.
À ce stade, Kinshasa espère des résultats des engagements pris à Washington. La Première ministre l’a clairement rappelé à l’ONU : les Congolais attendent la fin de la guerre, le retour des déplacés et une sécurité vraiment retrouvée. D’ailleurs, cette position rejoint, d’une certaine manière, la prudence de Boulos. L’un des principaux responsables américains chargés du dossier parle encore d’un processus à construire, alors que le président américain présente cette situation comme une victoire de son mandat.
Plus d’un an après la signature de l’accord de Washington, les Congolais, eux, attendent toujours la fin des conflits armés dans l’Est du pays. Donald Trump parle d’une guerre terminée, pendant que Judith Suminwa et Massad Boulos reconnaissent, chacun à sa manière, que la paix n’est pas encore une réalité pour les populations. Les accords ont été signés, les engagements sont déjà pris, mais sur le terrain, c’est la fin des combats et le retour de la sécurité qui permettront de dire que l’accord de Washington a réellement produit des effets.













