Par Patient MBY
Le mouvement Sauvons la RDC, créé en septembre dernier à Nairobi par l’ancien président Joseph Kabila, a fixé ses conditions pour toute participation éventuelle à un dialogue national inclusif. Dans un communiqué publié ce mercredi 14 janvier, cette nouvelle plateforme politique a salué l’initiative du président angolais visant à contribuer à la résolution de la crise sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Dans son communiqué, Sauvons la RDC dénonce le changement récurrent des cadres de négociation et des médiateurs — de Nairobi à Doha, en passant par Luanda et Washington — qu’il qualifie de signe d’« instabilité de vision » de la part du pouvoir en place face à une crise persistante, alors que de vastes portions du territoire national demeurent sous occupation de groupes rebelles. Le mouvement exprime également des doutes quant à la réelle volonté du chef de l’État de privilégier une solution pacifique à cette crise.
Selon Sauvons la RDC, « l’instabilité de la parole d’État, les ambiguïtés stratégiques, les contradictions dans le choix des options de résolution de la crise, l’instrumentalisation des processus politiques ainsi que leur manipulation à des fins partisanes plutôt que nationales, ont fini par ôter toute crédibilité aux discours et aux engagements du président Félix Tshisekedi et de son régime, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays ».
Par ailleurs, le mouvement se dit préoccupé par le non-respect, par le gouvernement congolais, de plusieurs engagements pris dans le cadre des processus de paix en cours, notamment en ce qui concerne la libération des prisonniers, la décrispation du climat politique et l’observance effective du cessez-le-feu.
Face à ces « ambiguïtés », Sauvons la RDC exige « la décrispation politique et l’expression claire d’une volonté politique de dialoguer » comme des préalables « non négociables » à toute initiative de dialogue national inclusif. Le mouvement appelle également le gouvernement à finaliser le processus de Doha avec la rébellion de l’AFC-M23 avant l’ouverture d’un dialogue interne. Il estime en outre que les représentants des confessions religieuses, regroupés au sein de l’ECC et de la CENCO, devraient jouer le rôle de médiateurs dans tout dialogue entre Congolais, soulignant qu’ils « connaissent les acteurs ainsi que les causes profondes de la crise ».
Pendant ce temps, les initiatives en faveur d’un dialogue national inclusif se poursuivent à Luanda. Après des consultations qualifiées de « discrètes » avec Joseph Kabila et son entourage, le président angolais João Lourenço s’est entretenu, ce mercredi 14 janvier, avec une délégation conjointe de l’ECC-CENCO, conduite par l’archevêque métropolitain de Lubumbashi, Mgr Fulgence Muteba. Les échanges ont porté sur la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la RDC.











