Réunis à Kinshasa à l’occasion du 3e Forum économique bilatéral, la République démocratique du Congo et l’Angola affichent une volonté claire : transformer leur proximité géographique en moteur de croissance. Entre réformes, projets structurants et implication du secteur privé, les deux pays misent sur une coopération renforcée pour bâtir un espace économique intégré.
Par Pierre Kabakila
La coopération entre la République démocratique du Congo et l’Angola franchit une nouvelle étape. À Kinshasa, les autorités des deux pays ont réaffirmé leur ambition de donner une dimension plus concrète et structurée à leurs relations économiques, à l’occasion du troisième Forum économique RDC–Angola.
Au-delà des déclarations d’intention, les deux États entendent capitaliser sur un atout majeur : une frontière commune de plus de 2 500 kilomètres, longtemps perçue comme une simple ligne de séparation, mais désormais envisagée comme un levier d’intégration régionale.
Côté congolais, le vice-Premier ministre en charge de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba, a insisté sur la nécessité de structurer davantage les échanges. Parmi les axes prioritaires figurent la réduction du commerce informel, l’amélioration des mécanismes de paiement entre les deux pays et la mise en œuvre de projets communs à fort impact économique.
En réponse, l’Angola met en avant les transformations engagées ces dernières années. Le ministre d’État chargé de la coordination économique, José de Lima Massano, a souligné les efforts de diversification de l’économie angolaise, notamment à travers les privatisations et les investissements dans les infrastructures, destinés à renforcer l’attractivité du pays.
Parmi les initiatives concrètes évoquées figure la modernisation des postes frontaliers, à l’image de celui de Luvo, ainsi que le projet d’implantation d’établissements bancaires angolais en RDC. L’objectif est clair : fluidifier les échanges commerciaux et sécuriser les transactions financières entre les opérateurs économiques des deux pays.
Cependant, les autorités reconnaissent que la réussite de cette ambition repose en grande partie sur l’implication du secteur privé. Les entreprises sont appelées à jouer un rôle moteur, à travers des partenariats, des investissements croisés et le développement de projets industriels communs.
Cette dynamique s’inscrit également dans le cadre plus large de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui vise à stimuler le commerce intra-africain. Pour Kinshasa et Luanda, l’enjeu est désormais de traduire les engagements politiques en résultats concrets, au bénéfice d’un marché potentiel estimé à près de 170 millions d’habitants.











