Le Conseil Économique et Social de la République démocratique du Congo a ouvert, ce jeudi 2 avril 2026 à Kinshasa, sa session ordinaire d’avril dans un contexte marqué par de fortes incertitudes économiques. Entre pression sur le pouvoir d’achat, enjeux sécuritaires et impacts des crises internationales, cette session s’annonce déterminante pour formuler des recommandations stratégiques en vue des réformes de 2026.
Par Medina
Face à une assemblée attentive composée des Conseillers de la République, le Bureau du conseil économique et social a donné le ton de cette nouvelle session. Dans une salle décorée aux couleurs nationales, le décor était planté pour une session qui s’annonce cruciale pour l’orientation des politiques publiques.
Conformément au calendrier institutionnel, cette session d’avril est un moment clé pour l’Assemblée Consultative. Le Bureau a rappelé le caractère obligatoire de la présence des conseillers, soulignant l’importance des avis techniques que l’institution doit fournir au Président de la République, au Parlement et au Gouvernement.
Bien que l’ordre du jour complet doive être affiné au cours des premiers jours, les discussions devraient porter sur la stabilité macroéconomique face aux fluctuations des marchés mondiaux, l’amélioration du climat social et du pouvoir d’achat des Congolais et le suivi des réformes structurelles engagées par l’exécutif.
En tant qu’organe consultatif de premier plan, le CES joue un rôle de pont entre les forces vives de la nation et les décideurs politiques. Cette session sera l’occasion pour les experts de l’institution de transformer les problématiques de terrain en recommandations concrètes.
Dans son allocution d’ouverture, le Président du CES Jean-Pierre Kiwakana a rappelé la mission fondamentale de l’assemblée ; transformer l’expertise citoyenne en solutions concrètes pour la Nation. Le Conseil se positionne comme un « laboratoire d’idées » capable d’éclairer le Président de la République et le Parlement sur des sujets complexes, allant de la stabilité monétaire à la cohésion sociale.
L’onde de choc du Moyen-Orient sur l’économie nationale
L’un des points forts du discours d’ouverture du président Jean-Pierre Kiwakana, a été l’analyse des répercussions de la guerre au Moyen-Orient. Le président Jean-Pierre Kiwakana s’est inquiété de la vulnérabilité de l’économie congolaise face à l’escalade militaire dans cette région stratégique. Bien que le gouvernement assure que les stocks de carburant sont garantis jusqu’en juin, la volatilité des prix mondiaux de l’énergie reste une menace directe pour la stabilité macroéconomique de la RDC
Le Conseil a fait écho aux orientations du Chef de l’État, Félix Tshisekedi, enjoignant le gouvernement à une approche préventive pour atténuer les effets du conflit sur le pouvoir d’achat et les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Cette session d’avril se penchera sur plusieurs dossiers brûlants, parmi lesquels,le cadrage budgétaire et la sécurité avec près de 30 % du budget 2026 consacré aux dépenses sécuritaires, le CES devra évaluer l’impact de ces arbitrages sur les secteurs sociaux de base comme la santé et l’éducation. La relance économique provinciale un programme de 3,4 milliards de dollars américains est attendu pour soutenir les provinces en 2026. Le Conseil travaillera sur des avis techniques pour garantir une redistribution équitable et efficace de ces ressources.
La lutte contre la vie chère: Face à une inflation qui pèse sur le pouvoir d’achat, les conseillers analyseront les mécanismes de régulation des prix des produits de première nécessité.
En ouvrant cette session, le CES réaffirme son ambition de bâtir un consensus durable pour un développement inclusif, capable de transformer la diversité des opinions en une force d’action pour le bien commun.
Les travaux qui débutent ce jeudi se poursuivront durant les prochaines semaines, avec pour objectif final; la production de rapports et d’avis destinés à éclairer la gouvernance du pays.











