Plus de 3 000 morts ont été enregistrés en moins de quatre mois en République démocratique du Congo depuis la résurgence d’Ebola. À lui seul, ce chiffre donne une idée de la gravité de l’épidémie qui touche actuellement le pays. Au 2 septembre, 6 186 personnes avaient déjà été contaminées et 3 007 étaient mortes. Ce qui fait de cette épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays.
Par Charles Muhindo
Pourtant, alors que ces chiffres inquiètent, Jean Kaseya, directeur général d’Africa CDC, a apporté une information qui pourrait, d’une certaine manière, changer la lecture de la situation. Invité de RFI le jeudi 3 septembre, il a affirmé que des signes de ralentissement étaient observés depuis deux semaines.
Faut-il alors commencer à espérer ? La question se pose. Car sur le terrain, rien ne permet encore d’affirmer que l’épidémie est en train d’être maîtrisée. Des décès continuent d’être enregistrés et la circulation du virus est toujours signalée dans plusieurs zones des six provinces touchées.
Mais les propos de Jean Kaseya ne sont pas non plus à prendre à la légère. Africa CDC est l’agence de santé de l’Union africaine, et son directeur général suit directement l’évolution de la situation avec les équipes engagées dans la riposte. Lorsqu’il évoque un ralentissement observé depuis deux semaines, cela signifie qu’une évolution est perceptible dans les données suivies par les équipes sanitaires.
Ce qui rend cette déclaration particulièrement intéressante, c’est surtout le moment où elle intervient. Depuis le début de l’épidémie, les autorités sanitaires et leurs partenaires font état d’une progression rapide du virus. La riposte a eu du mal à suivre, notamment en raison du manque de moyens, de l’inaccessibilité de certaines zones et de l’insécurité.
Dans plusieurs agglomérations, des malades sont encore pris en charge tardivement et certains décès surviennent avant même leur arrivée dans une structure de santé. La résistance d’une partie de la population aux équipes de la riposte demeure également un problème. Dans ces conditions, constater depuis deux semaines un ralentissement de la propagation peut être considéré comme un signal encourageant.
Mais une autre réalité demeure. Une baisse observée pendant seulement deux semaines ne suffit pas encore à changer complètement la donne. Les chiffres cumulés restent très élevés et le taux de létalité avoisine toujours les 50 %. Les mouvements de population peuvent également favoriser la propagation du virus vers de nouvelles zones. Et tant que des personnes continuent de tomber malades et de mourir dans les communautés, il reste difficile de parler d’une amélioration durable.
Ainsi, à la suite des propos du docteur Jean Kaseya, sommes-nous peut-être en train d’assister au début d’un changement dans l’évolution de l’épidémie ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais après plusieurs semaines marquées par une succession de mauvaises nouvelles, le fait qu’un responsable directement impliqué dans la réponse à Ebola évoque des signes de ralentissement apporte une lueur d’espoir.
Toutefois, ce sont les chiffres des prochains jours et des prochaines semaines qui permettront de déterminer si cette tendance se confirme.
Pour l’instant, il serait donc prématuré de parler d’un début de victoire contre Ebola. Mais il serait tout aussi dommage de négliger cette évolution positive signalée par Jean Kaseya. Dans une épidémie qui a déjà fait plus de 3 000 morts, chaque baisse de la transmission compte.
Si le ralentissement observé depuis deux semaines se poursuit, la RDC pourrait enfin commencer à entrevoir une sortie de cette période particulièrement difficile. L’espoir peut donc être permis, mais le combat contre Ebola est loin d’être terminé.












