La prison de Kakwangura, située dans la ville de Butembo, au Nord-Kivu, a annoncé ce vendredi 4 septembre la suspension des visites aux prisonniers. Cette mesure fait suite à la progression de la maladie à virus Ebola, causée par la souche Bundibugyo, qui sévit dans cette agglomération urbaine.
Par Patient MBY
La décision des autorités pénitentiaires vise à protéger les pensionnaires contre la maladie à virus Ebola, qui se propage dans l’Est du pays. Selon plusieurs sources, les mesures de prévention ont été renforcées. Un dispositif de lavage des mains ainsi qu’un contrôle de la température corporelle à l’aide d’un thermoflash ont été installés à l’entrée de la maison carcérale.
L’efficacité de ces mesures se heurte toutefois à un défi majeur : la prison de Kakwangura est présentée comme l’un des centres pénitentiaires les plus surpeuplés de la République démocratique du Congo. La promiscuité entre les détenus pourrait également favoriser la propagation de l’épidémie.
En mars 2025, le Réseau pour les droits de l’Homme (REDHO) avait alerté sur la surpopulation carcérale. La prison, construite pour accueillir 250 personnes, comptait déjà plus de 1 700 détenus. Cette situation aurait, selon certains rapports, provoqué la mort de 82 prisonniers.
Face à l’aggravation de la situation humanitaire, le ministère de la Justice avait procédé à des libérations conditionnelles. Un premier lot de 17 personnes avait recouvré la liberté, tandis que 25 autres avaient bénéficié d’une libération par grâce présidentielle. Malgré ces mesures, les conditions de détention restent critiques.
La 17ᵉ épidémie de la maladie à virus Ebola poursuit sa progression en République démocratique du Congo. Selon les dernières données disponibles, 3 007 personnes ont perdu la vie sur 6 186 cas confirmés, soit plus de trois mois après la déclaration officielle de l’épidémie.












