Constant Mutamba n’avait sans doute pas imaginé une telle suite après son départ du gouvernement. En juin 2025, il était encore ministre d’État, ministre de la Justice et garde des Sceaux. Quelques mois plus tard, il quittait ses fonctions après l’ouverture de poursuites contre lui. Il a ensuite été condamné dans le dossier lié à la construction d’une prison à Kisangani. Un an après cette première condamnation, une nouvelle décision de la Cour de cassation vient encore alourdir son sort judiciaire.
Par Charles Muhindo
La première affaire avait déjà marqué un tournant dans son parcours. Les poursuites étaient liées aux fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani. L’Assemblée nationale avait autorisé les poursuites contre le ministre en juin 2025. Mutamba avait démissionné quelques jours plus tard, tout en rejetant les accusations et en dénonçant une manœuvre politique. Le 2 septembre de la même année, la Cour de cassation l’avait finalement condamné à trois ans de travaux forcés.
Avec cette première condamnation, l’ex-ministre avait définitivement quitté le gouvernement, où son passage n’aura finalement duré que quelques mois. Mutamba était arrivé au ministère de la Justice dans un contexte particulier et avait rapidement acquis une forte visibilité sur la scène politique. Il s’est ensuite retrouvé hors du gouvernement, condamné par la justice et privé, pour cinq ans, de l’accès aux fonctions publiques ainsi que du droit de vote et d’éligibilité.
Une première chute, donc, pour celui qui occupait encore quelques mois plus tôt un poste stratégique au sein du gouvernement : le ministère de la Justice.
Mais le dossier de Kisangani n’était pas le seul à l’attendre. L’affaire FRIVAO était également en cours. Elle portait sur d’autres fonds présumés détournés ainsi que sur plusieurs opérations financières. Elle a de nouveau conduit l’ancien ministre devant la Cour de cassation, alors même qu’il purgeait déjà sa peine issue de sa première condamnation.
Le procès a notamment porté sur plusieurs transferts de fonds publics liés au Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda en RDC.
Le verdict rendu ce 18 septembre ajoute ainsi dix ans de travaux forcés à une situation judiciaire déjà lourde. Il ne s’agit toutefois pas d’une nouvelle condamnation dans le même dossier que celui de Kisangani. Les deux affaires sont distinctes, mais elles se succèdent dans le parcours judiciaire de la même personne, à peine un an après la première décision.
C’est là que se trouve le nouveau tournant dans la situation de Constant Mutamba. Il y a encore quelques années, son nom était associé au gouvernement et surtout à la tête du ministère de la Justice. Puis sont venus deux procès et deux condamnations successives. La première lui avait déjà fermé les portes du gouvernement ; la seconde ajoute une peine de dix ans dans une autre affaire.
Le malheur ne vient donc jamais seul pour l’ancien ministre. Après la perte du ministère, une première condamnation et les conséquences qui l’ont accompagnée, une nouvelle peine vient désormais s’ajouter à son parcours judiciaire.
Pour Constant Mutamba, le contraste est saisissant : en quelques mois, il est passé d’un ministère stratégique à deux condamnations aux travaux forcés dans deux affaires distinctes.













