Cessez-le-feu en RDC : les États-Unis saluent la mission de l’EJVM+, malgré la poursuite des combats entre FARDC et M23

Cessez-le-feu en RDC : les États-Unis saluent la mission de l’EJVM+, malgré la poursuite des combats entre FARDC et M23

La première mission de vérification du cessez-le-feu de l’EJVM+ a eu lieu en août dernier à Minembwe, dans les hauts plateaux du Sud-Kivu, alors que les affrontements entre les forces gouvernementales et le M23 se poursuivaient dans plusieurs localités de l’est de la RDC. Déployée avec l’appui logistique de la MONUSCO, l’équipe avait pour tâche de recueillir les éléments permettant de vérifier les accusations de violations du cessez-le-feu formulées par les deux parties. Cette descente sur le terrain était très attendue, plusieurs mois après l’accord de Doha qui avait prévu la mise en place d’un mécanisme chargé de surveiller le respect des engagements pris par Kinshasa et l’AFC/M23.

Par Charles Muhindo

La mission de vérification à Minembwe est intervenue au moment où les États-Unis se sont davantage impliqués dans le processus de paix, après une forme de désengagement du Qatar. L’administration Trump est engagée dans le processus de paix de Washington entre Kinshasa et Kigali, mais elle a également décidé de suivre les efforts entrepris dans le cadre du processus de Doha, depuis que les rencontres se tiennent en Suisse. La mise en place d’un mécanisme capable de vérifier directement les faits sur le terrain constituait ainsi un élément important pour le suivi du cessez-le-feu.

C’est dans ce contexte que l’administration américaine a réagi à la première mission de l’EJVM+. Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour les affaires africaines et arabes, a salué le travail effectué à Minembwe et insisté sur la nécessité d’une vérification permettant de suivre les engagements pris par les parties.

« Je me félicite de la récente mission de surveillance du cessez-le-feu menée par l’EJVM+ dans l’est de la RDC, qui constitue une étape importante vers le renforcement de la confiance et la promotion de la paix sur le terrain. Je tiens à saluer la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) et la MONUSCO pour leurs efforts visant à vérifier le respect des engagements de cessez-le-feu pris dans le cadre de l’accord-cadre de Doha. Une surveillance et une vérification efficaces sont essentielles pour instaurer la confiance et garantir la mise en œuvre des engagements. Les États-Unis restent déterminés à soutenir une paix durable et vérifiable dans l’est de la RDC et, plus largement, dans la région des Grands Lacs », a-t-il écrit sur X, vendredi 18 septembre.

Toutefois, sur le terrain, alors que les équipes chargées de la vérification étaient encore à Minembwe, les armes n’avaient pas cessé de parler. Des combats ont été signalés dans cette partie du Sud-Kivu, alors même que la présence du mécanisme devait permettre de vérifier la situation et de documenter les éventuelles violations. La mission n’avait pas pour mandat d’empêcher les affrontements, mais sa présence devait avant tout permettre d’établir les faits et de documenter les éventuelles violations du cessez-le-feu.

Si elle constitue une étape saluée par les États-Unis, la mission de vérification ne saurait donc, à elle seule, garantir le respect du cessez-le-feu. Elle doit surtout permettre d’établir les faits, de recueillir les éléments nécessaires et, le cas échéant, de déterminer les responsabilités dans les violations signalées. L’objectif est notamment d’éviter que les deux parties ne se renvoient mutuellement la responsabilité de la reprise des combats, sans qu’une vérification indépendante des faits ne permette de trancher.

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