Par Emmanuel Medina
La République démocratique du Congo (RDC) et la République-Unie de Tanzanie franchissent une étape décisive dans leurs relations bilatérales. Réunies à Dar es Salaam, les deux nations se sont donné trois mois pour sceller un pacte économique et commercial d’envergure, visant à fluidifier les échanges et booster les investissements transfrontaliers.
C’est à travers un communiqué conjoint signé ce samedi 19 septembre 2026 à Dar es Salaam que la nouvelle est officialisée. Le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, et son homologue tanzanienne de l’Industrie et du Commerce, Judith Salvio Kapinga, ont acté l’engagement mutuel des deux gouvernements : parvenir à la signature d’un accord commercial bilatéral dans un délai de 90 jours.
Pour transformer cette ambition en réalité, une commission mixte d’experts a immédiatement été mise en place. Ce groupe de travail a la lourde charge de rédiger le projet d’accord qui servira de socle au renforcement des investissements et des flux marchands entre Kinshasa et Dodoma.
Cette avancée couronne deux jours de discussions intenses les 18 et 19 septembre axées sur l’harmonisation des services publics. Au cœur des débats figurait la nécessité de consolider la collaboration entre les régies et offices congolais basés en Tanzanie notamment la Direction générale des douanes et accises (DGDA), l’Office de gestion du fret multimodal (OGEFREM) et le Centre d’expertise, d’évaluation et de certification (CEEC) et l’administration douanière tanzanienne.
Le nœud stratégique de cette coopération reste le port de Dar es Salaam. Véritable poumon logistique pour la RDC, cette infrastructure voit transiter une part majeure des exportations minières congolaises. Les deux délégations ont longuement planché sur les moyens d’optimiser ce corridor en réduisant drastiquement les coûts, en abrégeant les délais administratifs liés aux procédures d’importation et d’exportation, et en levant les barrières non tarifaires qui ralentissent le transit frontalier.
Ce coup d’accélérateur diplomatique n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit directement dans la lignée des hautes instructions données par les chefs d’État Félix-Antoine Tshisekedi et Samia Suluhu Hassan, suite à leur rencontre au sommet le 18 août dernier à Zanzibar.
Saluant une coopération résolument stratégique, le ministre Julien Paluku Kahongya a souligné que les travaux de Dar es Salaam ne sont que la traduction concrète de la volonté politique des deux présidents. En s’attaquant de front aux défis logistiques et réglementaires, la RDC et la Tanzanie s’apprêtent à ouvrir une nouvelle ère de prospérité partagée en Afrique de l’Est et centrale.













