Par Emmanuel Medina
Face aux revendications salariales des inspecteurs du Travail, le gouvernement congolais a fermement défendu le niveau actuel de leur rémunération, fixé à environ 1,7 million de francs congolais (CDF) par mois. Alors que les syndicats réclament un alignement à hauteur de 5 millions de CDF, le ministère de tutelle a précisé que la paie actuelle représente 30 % de leur barème théorique, rappelant qu’aucun corps de l’administration publique n’est payé à 100 % à ce jour.
Cette mise au point intervient après une réorganisation majeure de leur mode de rémunération. Sur instruction du chef de l’État lors de la 94ᵉ réunion du Conseil des ministres, la paie des inspecteurs du Travail a été mensualisée. Leurs émoluments sont désormais régulièrement intégrés dans l’état liquidatif à partir du quatrième trimestre (T4).
Pour justifier l’écart entre les promesses et la réalité de la trésorerie, le gouvernement pointe du doigt un manque de coordination interministérielle. Selon l’exécutif, certains barèmes salariaux ont été négociés et validés auprès du ministère du Budget sans concertation avec le ministère des Finances, qui détient pourtant la visibilité réelle sur les caisses de l’État.
Actuellement, les fonctionnaires congolais touchent entre 10 % et 40 % de leur barème théorique selon leur catégorie. Avec un taux de 30 %, les inspecteurs du Travail se situent ainsi dans la moyenne haute de la fonction publique.
Pour mettre fin à ces dysfonctionnements, une réforme structurelle appuyée par le Fonds monétaire international (FMI) a été mise en place. Désormais, tout nouveau barème salarial devra obligatoirement être contresigné par le ministre des Finances. Cette mesure vise à garantir que toute hausse salariale soit adossée aux capacités réelles de mobilisation des recettes de l’État.
En maintenant sa position, l’exécutif brandit le risque d’un effet domino. Céder à la demande d’un paiement à 100 % pour les seuls inspecteurs du Travail pourrait, selon le gouvernement, déclencher des revendications similaires à travers tous les autres corps de l’administration publique. Face au risque d’une grogne sociale généralisée, le pouvoir privilégie une approche de revalorisation progressive et soutenable pour les finances publiques.













