Voyages et missions de la Présidence en RDC : le Trésor public a-t-il dépensé plus de 100 millions de dollars en 2025 ?

Voyages et missions de la Présidence en RDC : le Trésor public a-t-il dépensé plus de 100 millions de dollars en 2025 ?

Les missions et déplacements de la Présidence de la République démocratique du Congo auraient coûté 283 milliards de francs congolais, soit plus de 100 millions de dollars américains, en 2025, selon Africa Intelligence dans une publication parue ce mercredi 21 octobre 2026. Le média cite des documents de la Banque centrale du Congo. Ce montant concerne l’ensemble des missions et déplacements de la Présidence, et pas uniquement les voyages effectués par le président Félix Tshisekedi.

Par Charles Muhindo

Depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2019, Félix Tshisekedi multiplie les déplacements à l’étranger pour renforcer les relations de la RDC avec ses partenaires. Les autorités défendent cette démarche, qu’elles présentent comme un moyen d’ouvrir davantage le pays au monde, d’attirer les investissements et de mobiliser le soutien de la communauté internationale. Dans le contexte de la guerre dans l’Est, elles mettent également en avant les démarches diplomatiques menées auprès de plusieurs pays et organisations internationales pour défendre la position de Kinshasa.

Le montant rapporté par Africa Intelligence relance toutefois le débat sur le coût de ces missions pour le Trésor public. Les dépenses de la Présidence ne se limitent pas aux voyages du chef de l’État. Elles peuvent également couvrir les missions de membres de son cabinet, de conseillers et d’autres représentants envoyés à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Les délégations qui accompagnent le président lors de ses déplacements engendrent, elles aussi, des frais de transport, d’hébergement et de séjour.

Ces déplacements présidentiels suscitent régulièrement des critiques au sein de l’opposition. Plusieurs acteurs politiques contestent leur coût et s’interrogent sur les résultats obtenus au regard des moyens engagés. Depuis 2019, les autorités mettent en avant les retombées diplomatiques et économiques de ces missions. Pourtant, la guerre se poursuit dans l’Est du pays et les différents processus de paix n’ont pas encore permis de rétablir durablement la sécurité. Les retombées économiques attendues des initiatives diplomatiques et des partenariats avec les investisseurs peinent également à convaincre une partie de l’opinion publique.

Pour les détracteurs du pouvoir, une partie des sommes consacrées aux voyages et aux missions de la Présidence pourrait être affectée à d’autres priorités, notamment à l’équipement des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), à l’amélioration des conditions de vie des militaires déployés au front ou au financement d’autres secteurs publics. Les autorités, de leur côté, présentent la diplomatie comme un levier nécessaire pour mobiliser les partenaires de la RDC, particulièrement dans un contexte marqué par le conflit dans les provinces de l’Est.

Au-delà du montant avancé, la question porte donc sur l’utilisation de ces fonds et les résultats obtenus. Les dépenses rapportées par Africa Intelligence ont-elles permis d’atteindre les objectifs diplomatiques, sécuritaires et économiques poursuivis par la Présidence ?

Dans un pays confronté à une guerre persistante et à d’importants besoins sociaux, la publication de données détaillées sur ces dépenses permettrait aux citoyens de mieux comprendre l’utilisation des ressources publiques. Elle contribuerait également à éclairer le débat sur le coût des missions présidentielles et leur efficacité.

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