La création du Front pour la refondation de la nation (FRN), dirigé par l’ancien président Joseph Kabila, suscite des interrogations sur la suite du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu issu du processus de Doha. Des officiers des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) sont toujours déployés à Goma, au Nord-Kivu, dans le cadre de ce mécanisme chargé de vérifier le respect du cessez-le-feu sur le terrain.
Par Charles Muhindo
La délégation déployée dans le cadre de ce mécanisme est notamment composée de représentants des FARDC, de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et de l’AFC/M23, ainsi que de partenaires impliqués dans le processus, dont des représentants de l’Union africaine. Sa mission s’inscrit dans le cadre des engagements pris entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23 en faveur d’une cessation des hostilités dans l’est du pays.
Toutefois, la dissolution annoncée de l’AFC/M23 au sein du FRN pourrait rebattre les cartes. Le mouvement, qui participe aux discussions de Doha, se retrouve désormais dans une nouvelle configuration politique, sous la direction de Joseph Kabila, alors que Corneille Nangaa dirigeait l’AFC/M23. Cette évolution soulève des interrogations sur la continuité des engagements pris dans le cadre des négociations.
Les engagements souscrits à Doha seront-ils maintenus dans le cadre de cette nouvelle plateforme ? Qui en assumera la responsabilité au nom de cette nouvelle configuration : Joseph Kabila ou Corneille Nangaa ? Autant de questions qui restent sans réponse à ce stade.
Le devenir du mécanisme de surveillance et de vérification du cessez-le-feu soulève également des incertitudes. Les officiers congolais et les autres membres de la délégation poursuivront-ils leur mission dans le cadre actuel ou attendront-ils de nouvelles orientations ? Le mécanisme continuera-t-il de fonctionner selon les dispositions convenues à Doha, malgré cette reconfiguration politique ?
À ce stade, aucune décision officielle concernant le maintien des officiers FARDC à Goma ou leur retour à Kinshasa n’a été annoncée. Leur avenir au sein de ce dispositif dépendra notamment des prochaines orientations des parties impliquées.
Au-delà de leur présence à Goma, où ils sont déployés dans le cadre d’une mission liée au processus de paix, c’est surtout la pérennité du mécanisme qui suscite des interrogations. La création du FRN pourrait fragiliser davantage le processus de Doha, voire compromettre sa poursuite, si les engagements antérieurs ne sont pas réaffirmés par les acteurs concernés.













