Création du FRN : pour Patrick Muyaya, le Rwanda a joué sa dernière carte, dans la crise, en RDC

Création du FRN : pour Patrick Muyaya, le Rwanda a joué sa dernière carte, dans la crise, en RDC

Le ministre de la Communication et des Médias, porte-parole du gouvernement, a estimé que la création du Front pour la Refondation de la Nation, dirigé par l’ancien président de la République, Joseph Kabila, constitue la dernière carte « Joker » jouée par le Rwanda, dans la crise sécuritaire en République démocratique du Congo, alors qu’il est présenté par le gouvernement et l’ONU comme pays agresseur de la RDC.

Par Patient MBY

Invité dans l’émission Le Débat sur Top Congo FM, ce lundi 19 octobre 2026, à Kinshasa, Patrick Muyaya a indiqué que la prise de la tête de la rébellion par Joseph Kabila rentre dans la stratégie du président rwandais Paul Kagame de renforcer son narratif d’une crise congolo-congolaise, afin de dédouaner le Rwanda dans la déstabilisation de la RDC, alors que le pays subit des sanctions internationales et des pressions diplomatiques.

Selon le ministre Muyaya, la création de ce mouvement politico-militaire est un « non-événement ». En dehors du changement de nom, soutient-il, les acteurs restent les mêmes. Pour lui, l’ex-chef de l’État a officialisé son rôle « de tuer » le peuple congolais. Le porte-parole du gouvernement présente la prise des armes par Joseph Kabila comme un moyen de priver les Congolais de leur droit de choisir leurs dirigeants par la voie des élections et de renverser les institutions.

« Il a fait [Kabila] le choix de tuer. Le temps de quitter là où il est jusqu’à Kinshasa, il aura tué dans chaque ville et chaque territoire qu’il pourrait conquérir. Il tuerait avec l’armement du Rwanda et le financement issu du contribuable congolais parce qu’il a été président de la République pendant 18 ans. C’est une attaque au peuple et c’est le peuple qui doit répondre », a-t-il déclaré.

Malgré le silence prolongé du gouvernement sur cette question d’actualité, qui a défrayé la chronique cette dernière semaine, Muyaya a estimé que les réactions des Congolais s’inscrivant en faux contre cette initiative et la vague de désolidarisations dans les rangs du PPRD, parti de l’ex-chef de l’État, isolent davantage Joseph Kabila dans sa nouvelle démarche.

Pour Muyaya, Joseph Kabila n’a pas d’âme congolaise, car, connaissant « les vulnérabilités du pays » et épris d’amour pour « les femmes et enfants qui pourraient être victimes de viol et de massacres », Joseph Kabila ne pouvait pas s’engager à perpétuer l’agression rwandaise en République démocratique du Congo.

Depuis lundi 12 octobre, la guerre dans l’Est du pays porte un nouveau visage. L’ancien président de la République, condamné à mort par défaut pour haute trahison, a pris la tête du FRN, un mouvement insurrectionnel incluant les anciens dirigeants de l’AFC-M23 qui bénéficiait du soutien du Rwanda, selon plusieurs rapports des experts des Nations unies.

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