Encore un opposant rwandais retrouvé décapité en Ouganda : Kagame rattrape-t-il ses détracteurs jusque dans leur exil ?

Encore un opposant rwandais retrouvé décapité en Ouganda : Kagame rattrape-t-il ses détracteurs jusque dans leur exil ?

Robert Kabera, ancien sous-officier de l’armée rwandaise devenu un très grand critique de Paul Kagame, a été retrouvé décapité le 17 octobre 2026 à Luwala, près de Kampala, en Ouganda. Âgé de 50 ans, il vivait en exil dans ce pays depuis novembre 2020. Sa tête n’a pas été retrouvée, selon la police ougandaise, qui a annoncé sa mort le lundi 19 octobre. Connu sur YouTube sous le nom de Major Robert, il dénonçait notamment les atteintes aux droits humains au Rwanda.

Par Muhindo

Sa mort rappelle directement celle d’autres opposants rwandais tués loin de leur pays, pour avoir critiqué le pouvoir de Paul Kagame. En janvier 2014, Patrick Karegeya, ancien chef des renseignements rwandais devenu opposant farouche, avait été retrouvé mort dans une chambre d’hôtel à Johannesburg, en Afrique du Sud. En 2021, Revocant Karemangingo, ancien lieutenant de l’armée rwandaise, avait été tué par balles au Mozambique. La même année, Seif Bamporiki, leader d’un parti d’opposition rwandais, avait été abattu en Afrique du Sud.

D’autres opposants ont été visés par des tentatives d’assassinat. C’est notamment le cas de Faustin Kayumba Nyamwasa, ancien général rwandais et cofondateur du Congrès national rwandais (RNC), qui a survécu à plusieurs attaques. Robert Kabera lui-même avait échappé à une attaque à Kampala en octobre 2023, selon son frère. Après sa mort, sa famille affirme craindre pour sa sécurité et celle des enfants. Son frère soupçonne des personnes venues du Rwanda, même si les circonstances de l’assassinat ne sont pas encore bien connues.

Le cas du chanteur Kizito Mihigo, retrouvé mort dans sa cellule de la police à Kigali en février 2020, est aussi un autre cas qui rappelle les risques auxquels sont exposées les opposants au pouvoir rwandais. Même si les circonstances de sa mort diffèrent de celles des opposants tués en exil, ces dossiers interrogent sur le sort réservé aux personnes qui dénoncent le régime de Kagame, qu’elles vivent au Rwanda ou à l’étranger.

Après l’assassinat de Robert Kabera, le Congrès national rwandais, un mouvement d’opposition en exil, a demandé une enquête approfondie et que les responsables soient traduits en justice. Pour les autres opposants rwandais vivant à l’étranger, une question ne peuvent que leur tarauder l’esprit : peuvent-ils réellement se sentir en sécurité loin de leur pays alors qu’ils continuent à dénoncer le régime de Paul Kagame ?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.