Crise dans l’Est : réunis à Genève, Kinshasa et Kigali tentent de débloquer la mise en œuvre de l’accord de Washington

Crise dans l’Est : réunis à Genève, Kinshasa et Kigali tentent de débloquer la mise en œuvre de l’accord de Washington

La République démocratique du Congo et le Rwanda ont repris les discussions à Genève au sujet de l’accord de Washington signé le 27 juin 2025. La 7ᵉ réunion du Joint Security Coordination Mechanism (JSCM) a débuté le mercredi 16 septembre et se poursuit ce jeudi 17 septembre. Les représentants de 2 pays travaillent sur l’état d’avancement des engagements pris dans le cadre de cet accord censé mettre fin à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.

Par Charles Muhindo

Plus d’une année après la signature de l’accord, plusieurs engagements n’ont toujours pas été mis en œuvre, plus particulièrement 2 d’être eux : la neutralisation des FDLR et le retrait des forces rwandaises du territoire congolais, présenté dans le langage de l’accord comme le désengagement des forces. Kinshasa et Kigali sont totalement divisés sur les 2 points.

Kigali demande que la question des FDLR soit d’abord réglée avant le retrait de ses troupes. Le Rwanda considère ces forces comme une menace pour sa sécurité et justifie ainsi le maintien de ce qu’il qualifie de forces défensives en RDC pour dit-il , se protéger contre ces rebelles. Les autorités rwandaises accusent également les FDLR de collaborer avec les FARDC et vont jusqu’à affirmer que certains de leurs membres ont même été intégrés dans l’armée congolaise.

Kinshasa exige, de son côté, le retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Pour les autorités congolaises, c’est ce retrait qui permettra la neutralisation FDLR par la RDC. Kinshasa rappelle par exemple que ces combattants se trouvent dans une zone aujourd’hui contrôlée par le M23, un mouvement armé que les autorités congolaises accusent Kigali de soutenir.

Ces 2 questions ont déjà été discutées à plusieurs reprises depuis la signature de l’accord de Washington mais n’ont jamais abouti à des résultats voulus. Kinshasa affirme toutefois avoir réussi à obtenir la reddition volontaire des combattants FDLR et le dépôt de leurs armes dans le cadre du processus de paix en cours. Pour Kinshasa, il s’agit d’une réponse à l’une des principales échappatoires présentées par Kigali pour justifier la présence de ses troupes en RDC. À Genève, les 2 délégations doivent donc voir comment faire avancer ces engagements en vue de la mise en œuvre effective de l’accord de Washington qui souffre depuis plus d’un an.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ne manquez aucune nouvelle importante. Abonnez-vous à notre newsletter.