Par Emmanuel Medina
Une délégation de haut niveau du Panel des facilitateurs de l’Union africaine est arrivée ce lundi 5 octobre 2026 à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu. Cette mission s’inscrit dans le cadre des efforts de paix visant à stabiliser la situation sécuritaire critique dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Les émissaires de l’union africaine doivent entamer des échanges directs avec la direction du mouvement AFC/M23.
La délégation dépêchée à Goma est composée de personnalités politiques majeures du continent, illustrant l’importance accordée par l’Union africaine à la résolution de ce conflit :
Uhuru Kenyatta, ancien président de la République du Kenya ; Mokgweetsi Masisi, ancien président de la République du Botswana ; et Sahle-Work Zewde, ancienne présidente de la République fédérale démocratique d’Éthiopie.
Quelques absences notables sont toutefois à signaler au sein du Panel. L’ancienne présidente centrafricaine Catherine Samba-Panza n’a pas pu prendre part à ce déplacement pour des raisons de santé. De son côté, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo serait retenu par une mission d’urgence liée aux récentes tensions diplomatiques entre l’Éthiopie et l’Érythrée.
Ce déplacement intervient à un moment charnière de la diplomatie régionale. En effet, le processus de paix entre Kinshasa et Kigali, engagé sous l’égide de l’accord de Washington, s’apprête à franchir une nouvelle étape décisive au cours de ce mois d’octobre 2026.
Pour rappel, lors des discussions bilatérales tenues les 12 et 13 août derniers à Genève en Suisse, la RDC et le Rwanda avaient convenu d’organiser une conférence de planification trilatérale. L’objectif principal de cette rencontre est de réviser et de réactualiser les modalités d’application de leurs engagements sécuritaires mutuels.
Le cœur des discussions de la future conférence trilatérale reposera sur la mise à jour de l’ordre d’opérations militaires et de sécurité. Ce document stratégique encadre de manière stricte plusieurs volets sensibles : la neutralisation des FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) sur le territoire congolais ; le désengagement progressif des forces en présence dans la région et la levée des mesures dites « défensives » instaurées par le Rwanda.
La réussite de cette conférence de planification représente une échéance cruciale pour valider les clauses de l’accord de paix. En se rendant directement à Goma pour consulter l’AFC/M23, le Panel de l’Union africaine tente de jeter les bases politiques nécessaires afin de garantir la viabilité et la pérennité d’une solution sécuritaire durable dans la région des Grands Lacs.













