Cuivre, lithium, cobalt, etc. : les Chinois désormais impliqués dans 49 projets de minerais critiques en RDC

Cuivre, lithium, cobalt, etc. : les Chinois désormais impliqués dans 49 projets de minerais critiques en RDC

Les entreprises chinoises sont désormais impliquées dans 49 projets de minerais critiques en République démocratique du Congo (RDC), soit 54 % des projets recensés dans le pays. En trois ans, leur présence a plus que doublé, passant de 22 projets en 2023 à 49 en 2026. Ces chiffres sont tirés de la dernière mise à jour de la base de données d’Africa Business+, réalisée avec le cabinet EY et citée par Jeune Afrique.

Cette présence concerne 26 mines et 18 entreprises chinoises. Dans le cuivre et le cobalt, plusieurs grands groupes chinois occupent déjà une place importante. JCHX Mining exploite notamment la zone ouest de Lonshi et a engagé 751 millions de dollars pour développer la zone est. De son côté, Zijin Mining est présent depuis plusieurs années à Kamoa-Kakula et s’est également lancé dans le lithium avec le gisement de Manono. Jinchuan a, pour sa part, renforcé ses activités dans le cuivre et le cobalt avec la mine de Musonoi, dont la production a commencé au début de 2026.

D’autres investissements montrent que les entreprises chinoises comptent maintenir leur présence dans les prochaines années. CMOC a annoncé plus d’un milliard de dollars pour la deuxième phase du projet Kisanfu, avec une production qui devrait atteindre 100 000 tonnes de cuivre par an à partir de 2027. Pour la Chine, ces minerais sont stratégiques pour plusieurs secteurs industriels. Le cuivre est notamment utilisé dans les réseaux électriques, les véhicules électriques et les équipements numériques. Le cobalt constitue également une matière première importante pour certaines batteries lithium-ion.

Depuis les années 2000, Pékin a multiplié les accords économiques avec Kinshasa, notamment dans les infrastructures et le secteur minier. Les routes, les barrages, les chemins de fer et l’exploitation minière ont particulièrement contribué à cette coopération. Le dossier Sicomines en constitue l’un des principaux exemples. Au fil des années, les entreprises chinoises ont ainsi pris une place importante dans le secteur minier congolais, particulièrement dans le sud-est du pays, où se concentrent plusieurs grands gisements de cuivre et de cobalt.

Cette présence chinoise intervient alors que les États-Unis cherchent eux aussi à renforcer leur accès aux minerais stratégiques congolais. L’accord conclu entre Kinshasa et Washington ainsi que le projet de corridor de Lobito illustrent cet intérêt américain pour les ressources nécessaires à leurs industries.

Cette concurrence entre grandes puissances pourrait toutefois poser de nouveaux enjeux pour la RDC. Certains analystes estiment que la présence simultanée de la Chine et des États-Unis dans le secteur pourrait placer Kinshasa au cœur d’une compétition accrue autour du cuivre, du cobalt et d’autres minerais recherchés pour les nouvelles technologies.

La Chine ne se limite d’ailleurs pas à l’exploitation des minerais congolais. Elle dispose également d’entreprises capables de les transformer ainsi que d’une importante industrie qui en consomme une grande partie. Selon les données d’Africa Business+ citées par Jeune Afrique, les entreprises chinoises participent actuellement à 123 projets de minerais critiques en Afrique, soit 19 % des projets recensés sur le continent.

Avec 49 projets, la RDC occupe ainsi une place particulière dans cette stratégie chinoise. Ses ressources en cuivre, cobalt, lithium et autres minerais critiques placent le pays au centre de la compétition internationale autour des matières premières nécessaires aux batteries, aux véhicules électriques, aux réseaux électriques et aux équipements électroniques.

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