L’ancien député national Claudel André Lubaya, membre de la plateforme « Sauvons la RDC » a vivement critiqué le dialogue national annoncé par le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi. Dans une analyse publiée ce lundi 07 septembre, l’ancien gouverneur du Kasaï-Occidental a estimé que ce processus sombre déjà dans l’impasse deux jours après son annonce.
Par Patient MBY
Claudel Lubaya, a relevé que « le flou » dans les contours du dialogue et l’incertitude persistante sur les objectifs et le calendrier. Selon lui, cette l’initiative paraît déjà comme « mort-née » ou « une démarche de communication de crise mal maîtrisée ».
« Le dialogue made in Fatshi porte en lui-même les germes de son impasse. Mal pensé, mal conçu et rongé par des contradictions structurelles, il souffre d’un vice rédhibitoire et révèle surtout un vide stratégique : ni cap clair, ni méthode précise, ni consensus politique. Échec ! », a-t-il écrit.
D’après Lubaya, en dehors de l’AFC-M23, l’exclusion au dialogue se serait élargie jusqu’aux aux confessions religieuses, notamment catholique et protestante, qui constituent selon lui, des acteurs importants de la cohésion nationale.
L’ancien député national s’est opposé à l’exclusion de l’AFC-M23 au dialogue national. Pour lui, reléguer le problème de l’AFC-M23 au processus de Doha revient à l’échec d’un processus en justification de l’autre. Lubaya indique que le processus de Doha piloté par le Qatar a démontré ses limites, en ne produisant des résultats escomptés, notamment le cessez-le-feu, la fin des hostilités et le règlement politique globale.
Pour Claudel Lubaya : « Assigner au dialogue l’objectif de mettre fin à la guerre tout en lui interdisant de traiter avec ses acteurs directs relève, au mieux, de la cécité politique et, au pire, du sabotage délibéré. Sans une remise en cause radicale de cette logique d’exclusion et sans articulation cohérente entre le processus de Doha et le dialogue national, l’initiative restera prisonnière de sa contradiction originelle : prétendre rechercher la paix tout en écartant ceux avec qui elle doit précisément se négocier ».
Dans son analyse, Claudel Lubaya estime que le pouvoir s’est retrouvé « prisonnier de ses propres contradictions », notamment en raison des difficultés à mettre en place un cadre d’organisation qu’il juge inclusif et représentatif.
L’ex-chef de l’exécutif du Kasaï-Occidental accuse le régime de privilégier la conservation du pouvoir au détriment de la recherche d’une véritable solution à la crise congolaise. Selon lui, la guerre serait devenue un « fonds de commerce politique » permettant de justifier certaines dépenses et de préparer les esprits à une éventuelle non-tenue des élections dans les délais.












