Deux machines destinées à la capture des données biométriques pour les passeports congolais ont été volées dans la nuit de mercredi à jeudi au centre Infinity, situé sur l’avenue de la Libération, anciennement avenue du 24-Novembre, à Kinshasa, selon des informations rapportées à ce sujet. Le vol a été constaté dans les locaux du centre, d’après des sources proches du ministère des Affaires étrangères. Pour l’heure, les circonstances de cette disparition ne sont pas encore connues et aucune information officielle n’a été communiquée sur les auteurs de cet acte.
Par Charles Muhindo
C’est justement à ce niveau que les interrogations commencent. Comment deux machines utilisées dans le processus de délivrance des passeports ont-elles pu disparaître d’un centre de capture ? Qui pouvait avoir accès à ces équipements ? Et surtout, comment ont-ils pu être sortis des lieux sans que cela soit empêché ou immédiatement signalé ?
Il y a donc lieu de s’inquiéter lorsqu’on considère le contexte sécuritaire actuel en RDC. Le pays est en guerre, particulièrement dans l’Est, avec des accusations régulières d’infiltration et de présence de personnes cherchant à obtenir des documents congolais. Dans ces conditions, la disparition de machines capables de servir à la capture des données biométriques des demandeurs de passeports n’est pas un fait bénin.
Il faudra notamment déterminer ce que ces machines peuvent permettre de faire une fois sorties du circuit officiel. Peuvent-elles être utilisées ailleurs pour enregistrer les données d’une personne et faciliter l’obtention d’un passeport congolais ? Si cela est techniquement possible, le risque serait de voir des personnes qui ne sont pas congolaises disposer de documents leur permettant de se présenter comme des citoyens congolais. À ce stade, rien ne permet d’affirmer que les deux machines ont été volées dans ce but, mais cette hypothèse ne peut être totalement écartée.
Le plus important est donc de retrouver rapidement ces équipements et de comprendre comment ils ont pu disparaître. L’enquête devra déterminer s’il s’agit d’un simple vol ou d’une opération préparée, mais aussi vérifier si des données ou des accès liés au système de capture ont été exploités.
Dans un contexte où la sécurité du territoire et la question de l’identité des citoyens suscitent déjà des débats en RDC, cette disparition mérite des explications claires.













