Par Charles Muhindo
La République démocratique du Congo vient d’enregistrer le bilan le plus lourd de son histoire lié à la maladie à virus Ebola. Le bilan de la situation sanitaire arrêté au samedi 15 août et rendu public ce lundi 17 août fait état de 2 325 décès pour 4 945 cas confirmés.
En seulement trois mois, l’épidémie actuelle dépasse ainsi le bilan de l’épidémie de 2018-2020, qui avait fait 2 299 morts sur 3 381 cas confirmés. Ebola devient donc, à ce stade, l’épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC.
La situation reste préoccupante alors que le virus continue de se propager dans plusieurs régions du pays. Apparue en Ituri, l’épidémie s’est ensuite étendue au Nord-Kivu, au Sud-Kivu, à la Tshopo, au Haut-Uélé et au Bas-Uélé. Au total, six provinces sont désormais touchées.
À Bunia, principal épicentre de l’épidémie, la mobilisation communautaire reste insuffisante face à la propagation du virus. La même situation est observée dans plusieurs autres zones touchées. Des malades restent cachés au sein des communautés, certains corps sont manipulés en dehors des procédures sécurisées et des patients quittent parfois les centres de traitement avant la fin de leur prise en charge.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), plus de 70 % des décès liés à Ebola surviennent encore au sein des communautés, plutôt que dans les centres de traitement.
La riposte fait également face à d’importantes difficultés sur le terrain. Dans plusieurs structures sanitaires de l’Ituri, des infirmiers et des agents engagés notamment dans les opérations d’enterrements sécurisés ont manifesté ces dernières semaines pour réclamer le paiement de leurs primes. Dans certaines zones, la présence de groupes armés complique également l’accès des équipes de riposte aux populations affectées.
À ces difficultés s’ajoute l’absence, à ce jour, d’un vaccin ou d’un traitement spécifique largement disponible contre le virus Ebola de type Bundibugyo. Plusieurs candidats vaccins et traitements font toutefois l’objet d’études.
Pendant ce temps, le virus continue de provoquer des décès. Les Nations unies ont récemment indiqué qu’en moyenne, un décès lié à Ebola est enregistré toutes les 30 minutes.
Le dépassement du bilan de l’épidémie de 2018-2020, après seulement trois mois, illustre l’ampleur de la crise actuelle. L’ancienne épidémie avait fait 2 299 morts sur près de deux ans, tandis que la flambée actuelle a déjà atteint 2 325 décès en quelques mois.
Si la propagation du virus se poursuit au rythme actuel, le bilan pourrait encore s’alourdir dans les prochaines semaines. La RDC risque ainsi de se rapprocher du bilan de l’épidémie d’Ebola de 2014 en Afrique de l’Ouest, qui demeure la plus meurtrière jamais enregistrée à l’échelle mondiale.













