Par Reagan Lebisabo
La propagation de la maladie à virus Ebola continue de susciter des inquiétudes dans la province de la Tshopo, notamment à Bafwasende et à Kisangani.
Alors que l’Ituri a déjà enregistré de nombreux cas et décès liés à cette épidémie, quatre députés nationaux estiment que l’expérience acquise dans cette province aurait dû permettre à la Tshopo de mieux se préparer à l’arrivée de la maladie.
Dans leur prise de position, Fontaine Mangala, Lady Yangotikala, Théovel Lotika et Jean-Pierre Maowa mettent notamment en cause les priorités dans l’utilisation des ressources destinées à la riposte. Ils estiment que les moyens disponibles devraient être orientés en priorité vers les besoins urgents des équipes déployées sur le terrain.
Les quatre parlementaires rejettent ainsi les fonds de sensibilisation annoncés par le ministère de la Santé au profit des caucus des députés nationaux de la Tshopo, du Bas-Uélé et du Haut-Uélé. Une enveloppe de 50 000 dollars américains est prévue pour chacune de ces provinces.
Les élus disent ne pas vouloir être associés à la gestion de ces ressources. « Nous ne sommes ni preneurs ni demandeurs de ces fonds. Et nous nous retirons des rencontres en ce sens », déclarent-ils dans leur communiqué.
À la place, ils demandent au ministère de la Santé de réorienter cette enveloppe vers l’acquisition des équipements de protection individuelle pour les agents impliqués dans la riposte. Pour eux, le renforcement de la protection du personnel constitue une priorité dans un contexte où la maladie continue de se propager.
La formation des agents figure également parmi leurs principales revendications. Les quatre députés sollicitent l’organisation urgente de séances de formation destinées au personnel mobilisé dans la lutte contre Ebola, afin de renforcer ses capacités face aux risques liés à l’épidémie.
Ils plaident également pour le paiement régulier des primes des agents engagés dans la riposte. Les élus estiment que la prise en charge des équipes constitue un élément essentiel pour maintenir leur mobilisation et assurer la continuité des activités sur le terrain.
Sur le plan sanitaire, Fontaine Mangala, Lady Yangotikala, Théovel Lotika et Jean-Pierre Maowa demandent par ailleurs la suspension des activités du Centre Hospitalier DeSmet Hospital à Kisangani. Dans leur communiqué, ils présentent cet établissement comme étant « devenu l’épicentre de la maladie à virus Ebola dans la ville de Kisangani ».
Cette prise de position intervient alors que l’épidémie continue d’affecter des familles dans la Tshopo. Les quatre parlementaires adressent leurs sincères condoléances aux familles endeuillées et appellent les autorités compétentes à renforcer les mesures de riposte.
Ils invitent enfin la population à respecter strictement les mesures de prévention et les recommandations édictées par le ministère de la Santé. Selon eux, l’implication de la communauté demeure indispensable pour limiter la propagation de la maladie et renforcer l’efficacité de la riposte.
Il sied de préciser que la province de la Tshopo partageant la limite avec celle de l’Ituri a déjà enregistré plus de 40 cas de la maladie à virus Ebola depuis la déclaration officielle de cette épidémie dans la région.













