Guerre d’usure, conditions de vie difficiles, etc. : les rangs du M23 se vident !

Guerre d’usure, conditions de vie difficiles, etc. : les rangs du M23 se vident !

La guerre du M23 dure et les redditions se multiplient sur plusieurs lignes de front. Au Nord-Kivu, 29 combattants de l’AFC/M23 se sont rendus aux FARDC et aux Wazalendo entre le 1er et le 4 octobre dans les territoires de Lubero, Masisi et Walikale. Dix autres ont été capturés lors des opérations menées notamment à Remeka, Mohololo, Biriko et Miko. Au Sud-Kivu, 17 combattants du M23/Twirwaneho se sont à leur tour rendus aux FARDC dans les Hauts-Plateaux de Fizi, tandis qu’un autre a été capturé. En quelques jours, ce sont donc plusieurs dizaines d’éléments qui ont quitté les rangs de la rébellion ou ont été arrêtés.

Par Charles Muhindo

Les raisons avancées par certains combattants sont presque les mêmes : les difficultés sur le terrain, les conditions de vie difficiles et les promesses non tenues. À Fizi, certains rendus affirment avoir passé des moments difficiles dans la brousse. Parmi eux, un jeune homme affirme avoir été enlevé à Goma avant d’être recruté de force par les rebelles. Plusieurs mineurs âgés de 14 à 16 ans figurent également parmi les personnes qui se sont rendues. Dans le Nord-Kivu, l’armée parle aussi de jeunes recrutés de force dans les zones contrôlées par le groupe armé et envoyés sur les lignes de front.

Que dire ? Il est certain que la durée de la guerre est en train de peser sur ceux qui avaient rejoint le M23 avec l’espoir d’un conflit court ou d’une solution rapide. Les combats se poursuivent, les démarches diplomatiques se multiplient et aucune issue définitive n’est encore trouvée. Pour un combattant resté plusieurs mois dans le maquis, l’espoir peut progressivement s’amenuiser. L’idée d’avancer rapidement jusqu’à Kinshasa ou celle de voir le pouvoir de Kinshasa faire des concessions importantes dans le cadre des négociations paraît, pour certains, de moins en moins évidente. La guerre continue, sans résultat permettant de savoir quand elle prendra fin.

C’est dans ce contexte qu’est évoquée la notion de guerre d’usure. Il est vrai que le M23 dispose toujours de forces sur le terrain et contrôle encore plusieurs zones. Mais une guerre qui s’inscrit dans la durée impose également un coût à ceux qui la mènent. Les conditions de vie difficiles, les pertes dans les rangs des rebelles, l’éloignement de leurs familles et les doutes qui s’installent peuvent finir par pousser certains combattants à se désengager et à abandonner les armes.

Les redditions enregistrées à Lubero, Masisi, Walikale et Fizi, même si elles ne signifient pas que le M23 est à bout de souffle, donnent néanmoins une indication sur ce qui se passe à l’intérieur du mouvement. Plus la guerre dure sans issue, plus elle risque de fatiguer et de démotiver certains combattants, surtout dans un contexte où la rébellion semble éprouver des difficultés à progresser vers d’autres agglomérations.

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