L’opération d’évacuation des enfants en rupture de liens familiaux vers le centre Lukuni, à plusieurs dizaines de kilomètres de Lubumbashi, n’aura pas permis de mettre durablement fin à leur présence dans les rues de la ville. Quelques semaines après leur transfert, plusieurs d’entre eux sont de nouveau visibles dans les principaux carrefours de la capitale du Haut-Katanga.
Par Patient MBY
À la place de la Poste, autour du monument de l’ancien Premier ministre Moïse Tshombe, sur l’avenue Kasavubu ou encore au rond-point 24 Heures, aux abords du Tunnel-Bel-Air, ces enfants ont repris leurs habitudes.
Selon plusieurs témoignages recueillis
par REPORTER.CD, certains s’adonnent à la mendicité, tandis que d’autres sont accusés d’intimidations et de menaces, notamment à l’endroit des étudiants aux environs de l’arrêt Kasapa. En soirée, des passagers rapportent également de cas de violences et d’extorsions. Une situation qui alimente l’inquiétude parmi les habitants et ravive les préoccupations liées à l’insécurité dans coins du centre-ville.
Une opération aux résultats éphémères
Fin juillet dernier, à quelques jours de la visite du président Félix-Antoine Tshisekedi à Lubumbashi, la ministre provinciale du Genre, Famille et Enfant, Coco Kanku Lukengu, avait lancé une opération de retrait des enfants en situation de rue des principaux axes de la ville.
Près de 300 enfants avaient ainsi été conduits au centre Lukuni pour leur prise en charge et leur réinsertion, à en croire les chiffres avancés par le ministère. Les autorités provinciales avaient alors assuré que les conditions d’hébergement avaient été réunies pour leur permettre de vivre dans un environnement adéquat.
Mais plus de deux semaines après cette opération, plusieurs de ces enfants sont revenus dans les rues de Lubumbashi.
Ce retour relance le débat la question de la prise en charge durable des enfants en rupture de liens familiaux. Les autorités provinciales sont ainsi appelées à renforcer les mécanismes d’accompagnement et de réinsertion afin d’éviter que les opérations ponctuelles ne restent sans effets durables.













