Marche de la C64 «Qui protège les citoyens quand l’État protège les milices? », se questionne Olivier Kamitatu

Marche de la C64 «Qui protège les citoyens quand l’État protège les milices? », se questionne Olivier Kamitatu

«Qui protège les citoyens quand l’État protège les milices ?» C’est la question que se pose Olivier Kamitatu après la manifestation de l’opposition du 15 septembre. Dans une réflexion publiée ce jeudi 17 septembre, l’opposant revient sur les incidents de Kinshasa et sur les arrestations et les rassemblements empêchés dans plusieurs villes du pays. À ses yeux, les autorités doivent surtout expliquer comment des hommes armés ont pu attendre les manifestants sur un itinéraire qui avait été accepté par la ville de Kinshasa.

Par Charles Muhindo

Dans la capitale, le Katumbiste rappelle que le parcours de la marche avait été discuté avec les autorités et accepté par le gouverneur. La police avait pris position pour encadrer le cortège au début de la marche. La situation a basculé au niveau de Limete, près de la 10ᵉ rue, où des jeunes munis de bâtons et d’armes blanches attendaient le passage des manifestants. Martin Fayulu a dénoncé une attaque à la machette contre des manifestants et Delly Sesanga a parlé d’un guet-apens. La police a ensuite fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

«L’itinéraire de la marche n’était pas un secret. Il avait été discuté, négocié, accepté par le gouverneur de la ville de Kinshasa. Le pouvoir connaissait le parcours. Sa sécurité lui incombait. Et c’est précisément sur ce parcours, et nulle part ailleurs, que des hommes armés attendaient», ecrit-il.

Olivier Kamitatu évoque aussi les événements dans d’autres provinces. Il affirme qu’à Lubumbashi, des cadres d’Ensemble pour la République ont été arrêtés dès les premières heures du 15 septembre, avant le début de la marche. Un manifestant a été grièvement blessé. À Kananga et à Kikwit, les manifestations ont également été dispersées. À Kisangani (Tshopo), elles ont été empêchées. À Kindu (Maniema), des militants arrêtés quelques jours avant la manifestation ont passé plusieurs jours en détention avant leur libération dans la soirée du 15 septembre.

L’opposant revient ensuite sur les Forces du progrès, une organisation qu’il rallie à l’UDPS et qu’il présente comme une milice politique. Il rappelle les incidents du 12 juin lors du sit-in de l’opposition pour dénoncer le projet de loi sur le référendum. D’après lui, des personnes se réclamant de ce mouvement avaient alors saccagé le siège de l’ECiDé de Martin Fayulu. L’opposant regrette que malgré cette situation, personne n’a été arrêté, poursuivi ou condamné pour ces faits.

«Une démocratie peut supporter des manifestations. Elle peut supporter des slogans hostiles au pouvoir, la contestation, la colère, les pancartes et les cris. Ce qu’elle ne peut supporter longtemps, c’est la confusion entre l’ordre public et l’ordre d’un parti», prévient l’ex-président de l’Assemblée nationale.

Kamitatu tient aussi à distinguer la Police nationale congolaise des actes qu’il reproche à certains acteurs politiques. Il rappelle que des policiers ont encadré le cortège à Kinshasa avant les attaques de Limete. Pour lui, les agents doivent protéger les manifestants comme tout autre citoyen et rester soumis à la loi, sans tenir compte du parti auquel appartient une personne.

L’opposant demande une enquête sur ce qui s’est passé le 15 septembre notamment après les arrestations et les blessés enregistrés le 15 septembre. Il veut notamment savoir comment des hommes armés ont pu se retrouver sur un parcours dont les autorités connaissaient l’itinéraire. Il demande aussi la libération des personnes détenues sans base légale pour avoir participé à une manifestation pacifique. Pour Kamitatu, les réponses à ces questions doivent permettre d’établir les responsabilités dans ce qui s’est passé lors de cette journée.

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