Par Emmanuel Medina
En déplacement dans la capitale française ce samedi 22 août 2026, le leader de l’opposition congolaise a fustigé la gestion de la crise sécuritaire, contesté la légitimité des discussions en Suisse avec l’AFC/M23 et fixé une ligne rouge claire pour la prochaine échéance présidentielle.
L’opposant Martin Fayulu a choisi Paris pour exprimer ses positions sur les grands dossiers qui secouent la République Démocratique du Congo. Devant un public composé de membres de la diaspora congolaise, le président de l’Écidé a balayé l’actualité politique, du dialogue national en gestation aux négociations secrètes à l’étranger, en passant par l’avenir institutionnel du pays.
Interrogé sur sa volonté d’accorder une quelconque confiance à Félix Tshisekedi dans le cadre du dialogue national annoncé, Martin Fayulu s’est montré cinglant. Il a immédiatement recentré le débat sur les négociations qui se déroulent actuellement en Europe entre le pouvoir de Kinshasa et la rébellion.
« Que faisaient le gouvernement congolais et l’AFC/M23 en Suisse ? », s’est-il interrogé, dénonçant à demi-mot l’opacité des démarches entreprises par les autorités actuelles. Pour l’opposant, la présence de ces acteurs armés et l’implication de figures comme l’ancien président Joseph Kabila dans le processus politique global ne font que confirmer les dérives d’un système qu’il combat.
Fidèle à sa ligne de contestation, Martin Fayulu a tenu à rappeler ce qu’il considère comme les péchés originels de la crise congolaise actuelle. Il a directement pointé du doigt l’ancien président de la Commission électorale (CENI), Corneille Nangaa aujourd’hui chef de l’AFC, et Joseph Kabila pour leur rôle dans le processus électoral de 2018.
« Nangaa, s’il n’avait pas falsifié les résultats, est-ce qu’on serait là ? Si Kabila n’avait pas dit que Fayulu est imbuvable, est-ce qu’on serait là ? », a-t-il lancé à l’assistance. Par cette formule, il inscrit les tensions sécuritaires et politiques de 2026 dans la stricte continuité des arrangements politiques du passé.
Le point fort de cet échange avec la diaspora a concerné l’horizon politique de la RDC. Alors que le pays bruisse de discussions sur des réformes ou des transitions, Martin Fayulu a tracé une frontière infranchissable concernant le mandat du chef de l’État actuel.
La sentence est tombée, sans ambiguïté : « Élections ou pas, en 2028 Félix Tshisekedi doit partir. » Une déclaration de guerre politique qui pose les bases des futures mobilisations de l’opposition, à mesure que l’échéance fatidique de 2028 approche.













