Nord-Kivu : escalade de violence à Masisi, la société civile alerte sur un bilan civil lourd

Nord-Kivu : escalade de violence à Masisi, la société civile alerte sur un bilan civil lourd

Par Emmanuel Medina

Plusieurs civils ont perdu la vie ces derniers jours dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu, après de violents combats opposant les rebelles du M23-AFC aux groupes d’autodéfense « Wazalendo ». Dans un communiqué publié ce mardi 29 septembre 2026 consulté par REPORTER.CD, la coordination territoriale de la société civile forces vives de Masisi rapporte un bilan alarmant dénonçant la mort de deux civils et appelle à une intervention humanitaire et judiciaire urgente.

La dégradation de la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo continue de piéger les populations locales. Selon la structure citoyenne de Masisi, les combats qui ont éclaté dans différentes zones du territoire ont directement exposé les civils à des tirs meurtriers.

Le bilan des derniers jours est lourd et touche les franges les plus vulnérables de la population. L’axe Kaleta-Bitoyi, situé dans le groupement Ufamandu 2 dans le secteur de Katoyi, a servi de cadre de violents affrontements ce lundi 28 septembre. Deux civils, parmi lesquels une femme et un enfant, y ont trouvé la mort.

Plus tôt, entre le 26 et le 27 septembre, la colline Kikonda, aux abords de Nyabiondo, a également été ébranlées par des combats. Le bilan fait état de deux femmes tuées et d’une troisième grièvement blessée par balle.

Le récit le plus meurtrier documenté par la société civile s’est déroulé le 26 septembre à Burungu, dans la chefferie des Bashali. Dans cette localité, au total huit civils ont été abattus par balles, illustrant l’intensité du combat entre les belligérants. Au-delà des pertes en vies humaines, c’est tout le tissu social et économique du territoire de Masisi qui s’effondre. La rentrée scolaire 2026-2027, effective dans le reste du pays, est totalement paralysée dans plusieurs entités des groupements Nyamaboko 1 et 2, ainsi qu’Ufamandu 1 et 2, privant des milliers d’enfants de leur droit à l’éducation.

Les combats ont provoqué de nouveaux déplacements forcés de populations, fuyant sans rien emporter. La société civile dénonce des pillages systématiques des biens des résidents et alerte sur une précarité humanitaire qui ne cesse de s’aggraver, alors que l’accès des ONG aux zones de conflit reste fortement compromis.

Face à ce drame, la coordination territoriale de la société civile de Masisi exige des actions concrètes et immédiates sur l’ouverture d’enquêtes urgentes afin d’établir formellement les responsabilités de ces tueries et engager des poursuites pour violation du droit international humanitaire, l’activation des mécanismes de crise pour une accélération des réponses nationales et internationales afin de stopper l’offensive du M23-AFC et stabiliser le Nord-Kivu, ensuite le déploiement d’une aide d’urgence pour la mise en place rapide d’un couloir et d’une assistance humanitaire pour les déplacés.

Notons que, la structure citoyenne interpelle directement la communauté internationale sur l’absence visible des forces multilatérales. Elle demande des explications aux Nations unies concernant l’application de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, rappelant que les populations civiles de l’Est de la RDC ne peuvent plus être laissées pour compte face au feu des affrontements.

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