Par Charles Muhindo
Le dimanche 23 août dernier, le pape Léon XIV a exprimé son inquiétude face à la progression de l’épidémie de la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo. Lors de la prière de l’Angélus au Vatican, le souverain pontife a appelé la communauté internationale à renforcer son soutien à la riposte, tout en insistant sur l’implication des communautés locales.
« Dans mes prières, je pense souvent à la République démocratique du Congo, notamment en raison de la propagation de l’épidémie d’Ebola qui, malheureusement, fait de nombreuses victimes. J’encourage la communauté internationale à réagir, en associant également les communautés locales aux efforts de prévention, afin de sauver de nombreuses vies humaines », a-t-il exhorté.
Cet appel intervient dans un contexte particulièrement préoccupant en RDC. Ce lundi 24 août, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que plus de 5 200 cas ont déjà été enregistrés, alors que le pays a franchi le cap des 100 jours depuis la déclaration de l’épidémie, le 15 mai dernier.
Selon l’OMS, il s’agit de l’épidémie d’Ebola à la progression la plus rapide jamais enregistrée en RDC, avec une moyenne d’environ 90 nouveaux cas confirmés par jour au cours des trois premiers mois.
En l’espace de quelques mois, l’épidémie s’est étendue à six provinces, contre principalement deux lors de la grande épidémie de 2018-2020. Si l’Ituri demeure l’épicentre, le virus a également atteint le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, la Tshopo et, plus récemment, le Bas-Uélé. L’OMS estime que l’Ituri concentre encore environ 85 % des cas et 79 % des décès.
Cette propagation rapide a déjà fait de cette épidémie la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Les données disponibles ces derniers jours font état de plus de 2 300 décès, un bilan qui continue de s’alourdir. L’OMS indique également qu’environ 60 % des 260 décès enregistrés chaque semaine au cours des six dernières semaines sont survenus dans les communautés, loin des centres de traitement.
À ces difficultés sanitaires s’ajoutent l’insécurité, les déplacements de populations ainsi que les attaques contre des structures de santé et les équipes engagées dans la riposte. Ces facteurs compliquent la surveillance épidémiologique, la recherche des contacts et l’accès des malades aux soins.
L’OMS insiste ainsi sur la nécessité de renforcer le travail avec les communautés afin de réduire la méfiance et de surmonter certaines résistances communautaires.
La particularité de cette épidémie tient également au fait qu’elle est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo, pour lequel il n’existe actuellement ni vaccin homologué ni traitement spécifique. Selon les autorités sanitaires, des essais cliniques sont toutefois en cours. Un vaccin déjà existant fait également l’objet d’une évaluation afin de déterminer s’il pourrait offrir une protection contre cette souche.
L’appel du Vatican intervient donc à un moment critique, alors que la RDC fait face à une urgence sanitaire qui s’étend à plusieurs zones de santé. En appelant la communauté internationale à renforcer son soutien et à associer davantage les populations locales aux efforts de prévention, le souverain pontife souligne l’importance d’une réponse collective face à la progression de l’épidémie.













