Plus d’un an après le lancement des discussions de paix de Doha entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23, la mise en œuvre des engagements n’avance pas. Selon le Baromètre des Accords de Paix en Afrique, seulement 65 points sur les 350 évalués ont été exécutés, soit un taux global de 18,6 %. Ce niveau montre que, malgré les différentes rencontres et les mécanismes mis en place depuis le début des négociations, une grande partie des engagements peine à produire des résultats.
Par Charles Muhindo
Le bilan reste particulièrement mitigé sur plusieurs volets considérés comme importants dans le processus. Le mécanisme de libération des détenus affiche un taux d’exécution de 25 %, tandis que le dispositif de supervision et de vérification du cessez-le-feu n’atteint que 17,3 %. L’Accord-cadre de paix, qui constitue l’un des principaux volets devant conduire à un règlement politique du conflit, n’enregistre pour sa part que 16,7 % d’exécution.
Pour le Baromètre, le volet relatif aux détenus permet de mesurer concrètement l’écart entre les engagements pris et les résultats obtenus. Sur les 477 personnes identifiées, seules 15 ont été libérées.
La situation reste également compliquée sur le front du cessez-le-feu. Le rapport indique que le mécanisme chargé de vérifier les violations et de documenter la situation sur le terrain a connu des retards dans son opérationnalisation. Une première mission de vérification a finalement été menée à Minembwe le 24 août 2026, une initiative considérée comme une avancée dans le processus. Sur le terrain, elle n’a toutefois pas permis de mettre fin aux combats.
Sur le volet politique, les négociations avancent également difficilement. L’Accord-cadre de Doha prévoit huit protocoles portant sur différents aspects du futur règlement entre les parties. Deux protocoles avaient déjà été conclus séparément et intégrés au processus, tandis que six autres restent en discussion.
Pendant ce temps, les combats se poursuivent dans plusieurs zones de l’Est de la RDC, compliquant directement l’application des engagements liés au cessez-le-feu.
Les discussions tenues en Suisse du 17 au 21 août 2026 ont permis aux délégations de Kinshasa et de l’AFC/M23 de poursuivre leurs échanges sur les protocoles encore en suspens ainsi que sur les mécanismes de mise en œuvre. Au cours de la même période, plusieurs partenaires se sont impliqués dans la médiation et l’accompagnement du processus. Mais les résultats du Baromètre indiquent que cette mobilisation n’a pas encore permis d’atteindre un niveau de mise en œuvre à la hauteur des engagements pris.













